Alister a été révélé grâce à son premier album Aucun mal ne vous sera fait et son single imparable Qu’est-ce qu‘on va faire de toi ?. L’ancien scénariste pour la télévision y imposait son écriture acérée en réconciliant rock à l’anglo-saxonne et àquoibonisme à la française. Loin de se limiter à l’arsenal basse-guitare-batterie, son nouvel album Double détente se pare d’instrumentations soignées au possible. Les cordes arrangées et dirigées par le grand pianiste pop Steve Nieve (Elvis Costello) ajoutent aux compositions d’Alister des harmonies singulières, entre Vivaldi et Bernard Hermann. L’apport de la musique électronique se manifeste dans l’emploi d’outils typiques des productions historiques de Giorgio Moroder ou Jean-Michel Jarre : oscillateurs et Solina au premier chef.
Et s’il avoue une parenté avec Elton John ou Steely Dan, Alister convoque également les albums 70’s de Christophe ou Véronique Sanson, lorsque ceux-ci inventaient une nouvelle manière de faire de la musique en France. En ces temps de saucissonnage forcené de la musique en fichiers numériques compressés, Double Détente rend aussi sa noblesse au format de l’album au long cours. Chaque titre s’imbriquant l’un dans l’autre, via des leitmotivs savamment distillés, le tout formant au final, un étonnant tour de force esthétique.
Sortie le 7 mars 2011.
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