On connaît de nombreuses chanteuses toutes plus malignes les unes que les autres, qui voudraient nous prouver à quel point elles sont spéciales comme filles, originales à chaque bout de phrase, vachement profondes et fines, et tout et tout. Mais n’est pas Björk qui veut. Trop souvent, la sophistication de ces demoiselles tourne à vide, tourne court... et, sous le vernis de tournures tarabiscotées, l’on n’entend finalement qu’en envahissant fatras d’états d’âme plutôt banals.
Ce qu’Elsa Kopf choisit de nous offrir, c’est la clarté, la simplicité. Quelque chose qui n’envahit pas... Il y a des murs blancs et ensoleillés… une envie de marcher pieds nus… Un certain art du less is more. En plus de ces qualités, déjà assez rares pour retenir l’attention, Elsa possède un timbre de voix tout de suite plaisant – à la fois sensuel et élégant. Ca se tient, c’est chic, soyeux. Rien de vulgaire, jamais. Pas une voyelle qui dégouline, pas une consonne qui se racle la gorge.
Dans ces Acoustic Joys, vous ne trouverez pas de pseudo-poésie pseudo-torturée, ni d’histoires réalistes qui racontent que la vraie vie c’est au café du coin putain tu vois, ni de traits d’esprits qui font mouche et n’émeuvent personne. Vous ne trouverez pas non plus de duos bidon, et de collaborations tendance avec les mêmes qu’on voit partout. Par contre, vous y trouverez ce qu’on est en droit d’attendre d’un album. Des fleurs sauvages. Des reflets sur l’eau. Des petits éblouissements de poche. Des yeux bleus ciels d’argent. Des heures en avion au dessus de l’océan. Des parfums clairs et des printemps fanés. Des petits dessins griffonnés au téléphone.
Sortie le 28 mars 2011.
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