Santé 
16 février 2010

En France, le transsexualisme n’est plus une maladie mentale

 



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Les transsexuels ne sont plus considérés comme des malades mentaux en France. Le ministère de la Santé a en effet publié mercredi au JO un décret qui retire « les troubles précoces de l’identité de genre » de la liste des affections psychiatriques. Dans l’hexagone, selon les estimations des associations, de 40 000 à 60 000 personnes seraient concernées par une telle décision.

« La France est le premier pays au monde à ne plus considérer le transsexualisme comme pathologie mentale », s’est félicité vendredi Joël Bedos, responsable français au Comité IDAHO (International Day Against Homophobia and transphobia).

« C’est historique », a renchéri Philippe Castel, porte-parole de l’Interassociative lesbienne gay bi et trans. « C’était quelque chose de très important et très attendu depuis la promesse de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, le 16 mai 2009, à la veille de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. »

Jusqu’à mercredi, la France s’en référait à l’OMS, qui s’appuie sur la liste des pathologies recensées dans le manuel médical DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), auquel se réfère le corps médical. La révision de ce manuel est en cours, mais personne ne songe apparemment d’en retirer le transsexualisme.

Roselyne Bachelot avait assuré en septembre que les transsexuels pourraient continuer à être pris en charge par l’Assurance sociale. Ce processus devrait se faire par le classement du transsexualisme comme affection longue durée (ALD) « hors liste » ou comme « maladie orpheline », explique le Comité IDAHO.

Jusqu’à présent, les transsexuels bénéficiaient d’une exonération du ticket modérateur pour leur prise en charge médicale au titre d’une affection de longue durée pour « troubles récurrents ou persistants ». Pour le ministère de la Santé, il s’agit d’un « signal fort envoyé à l’ensemble de la communauté », les transsexuels ressentant cette disposition comme « stigmatisante ».

« Il reste encore beaucoup de choses en suspens qui doivent être absolument traitées », a toutefois rappelé Philippe Castel, citant notamment « la question du changement d’état civil ». Et d’ajouter : « Actuellement, la France oblige à subir une opération chirurgicale qui implique une stérilisation pour passer de ‘M.’ à ‘Mme’ ou l’inverse sur les papiers d’identité alors que la moitié, environ, des transsexuels ne souhaitent pas changer physiquement de sexe. »

OK, c’est bien. Qui va se charger d’aller expliquer maintenant cela aux intégristes catholiques qui ont pourchassés avec violences lors de la Saint-Valentin quelques couples gays et lesbiens venus s’embrasser sur le parvis de Notre-Dame. Regardez-les sur une vidéo de Rue89. Qui vous rappellent-ils ?

André Balbo

Sources : Le Figaro, l’OMS, le ministère de la Santé, Rue89

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derniere modification: mardi 16 février 2010, par André Balbo