Cette paraphrase de Nicolas Sarkozy prend enfin ici, inversée, tout son sens !
Les alertes à la pollution sont fréquentes, en France, en Ile-de-France, et plus que nulle part ailleurs à Paris et en petite couronne. Airparif est bien placé pour en faire témoignages ! Pour alerter sur le non-respect des normes, après tous ses avertissements restés sans effets, l’Europe menace maintenant de poursuivre la France en justice justement pour non-respect des règles, et de nous infliger, si nécessaire, quelque 300 000€/jour de pénalités !
Dans l’après-midi du 18 février, une nouvelle alerte à la pollution a encore été déclenchée pour concentration excessive de particules fines dans l’air à Paris et au nord de la petite couronne. 114 microgrammes/m3 sur l’autoroute A1 à Saint-Denis, alors que le niveau d’information se déclenche à partir de 80 ! Il est vrai que les constructeurs d’automobiles n’ont jamais connu chez nous de limitation légale vraiment strictes dans leurs campagnes promotionnelles vantant leurs modèles Diesel, cette motorisation qui aurait récemment fait tant de progrès et dont les Français si malins sont si friands !
Le même 18 février, l’atmosphère était tout aussi irrespirable dans le Bassin lyonnais.
Nous ne vous cacherons pas que la France fait partie des très mauvais élèves de l’Europe. 3 à 4 millions de Franciliens respirent chaque année un air trop pollué, et les seuils fixés par Bruxelles sont allégrement dépassés pour de nombreuses agglomérations françaises.
Les particules fines pénètrent profondément dans les poumons et sont particulièrement irritantes pour les enfants, les personnes âgées et celles souffrant d’asthme et d’insuffisances respiratoires chroniques.
La Commission européenne considère maintenant qu’elle a épuisé avec la France les avertissements de la manière douce. Notre pays « n’a pas remédié de manière efficace aux émissions excédentaires de minuscules particules en suspension dans l’air » ? Et bien, dorénavant, la Commission européenne utilisera la manière forte, avec poursuites à la clé devant la Cour de Justice européenne, et menace d’une amende record par jour comprise entre 150 000 et 300 000€ !
On ne rigole plus ! Il est vrai qu’en 2010 Paris, comme 10 autres agglomérations françaises avait dépassé plus de 35 fois les normes de particules fines. Ces micropoussières cancérigènes (véhicules diesel, chauffage et industrie), seraient responsables chaque année de 42 000 morts prématurées en France, selon l’OMS ! Relisez ce chiffre !
« En octobre dernier, nous avons demandé à la France de se conformer aux règles de l’Union et de prendre des mesures avant deux mois, souligne Jo Hennon, porte-parole de la Commission européenne, en charge de l’Environnement. La France nous a demandé une dérogation jusqu’en juin, mais nous ne sommes pas convaincus que les normes seront respectées d’ici-là. »
« Si l’on se réfère aux contentieux précédents, la pollution de l’air pourrait coûter entre 50 et 100M€ aux contribuables français », estime Victor-Hugo Espinosa, président de l’association Ecoforum.
« On fera tout pour éviter une condamnation », répond le ministère de l’Écologie, qui affirme que « la pollution a tendance à décroître depuis 2007, grâce à des actions ciblées sur plusieurs secteurs d’activités ». Des arrêtés ont notamment été pris pour réduire les rejets des usines, et de nombreux contrôles seront effectués cette année. Mais le gouvernement compte surtout sur la mise en place d’ici à 2012 dans 8 agglomérations françaises, dont Paris et la Plaine commune (Seine-Saint-Denis), de zones d’actions prioritaires pour l’air (Zapa), dans lesquelles les véhicules les plus polluants seront interdits.
La France vient aussi d’édicter un décret qui abaisse le seuil d’alerte en cas de pic de pollution annoncé. Les automobilistes seraient ainsi obligés de réduire leur vitesse plus souvent.
André Balbo
sources : Le Parisien, Airparif, Le Figaro, Commission européenne, Écoforum, ministère de l’Écologie

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