Nous avions annoncé sa visite. Son message du 24 septembre à Saclay, devant industriels, étudiants, chercheurs et élus, a été « le Grand Paris est bien parti, regardez autour de vous ! ». Saclay est assurément le plus avancé des huit pôles de développement économique. Les décrets de création de cet établissement public sont publiés le 27/09.
Le gros oeuvre du bâtiment « Nano Innov » dédié aux nanotechnologies est pratiquement terminé. 70M€ en 2009. Bientôt, un millier de chercheurs. Des projets scientifiques et industriels qui s’appuieront sur les expertises développées à Paris, Toulouse et Grenoble. Saclay est en fait le précurseur des pôles d’excellence annoncés dans le projet du Grand Paris.
Le président entend que les différentes institutions, qu’elles soient déjà présentes à Saclay (CEA, Supéléc, université de Paris Sud, école Polytechnique ou HEC) ou qu’elles y soient annoncées (Agro Paris-Tech, école Centrale, le futur ensemble Mines-Télécoms, un pôle biologie-pharmacie-santé, l’Ecole nationale de la Statistique et de l’administration économique, de l’Ens de Cachan), ne travaillent pas isolément. « Il n’est pas raisonnable que perdure une telle mosaïque d’institutions, certes chacune très prestigieuse, mais mal coordonnées entre elles et séparées par des barrières institutionnelles artificielles totalement obsolètes au regard des enjeux de la compétition mondiale ».
Il n’y aurait toutefois pas, selon lui, de dirigisme d’État ! Ce serait aux chercheurs de définir la meilleure organisation, certainement en réseau, et l’Etat apportera, il l’affirme, les financements nécessaires. 850M€ étaient annoncés pour le Campus Paris Saclay, et 1Md€ proviendra du grand emprunt.
Nicolas Sarkozy a même annoncé 1Md€ supplémentaire de « ressources apportées notamment par les différents acteurs, qu’elles proviennent de leurs propres activités, de la valorisation du patrimoine immobilier et foncier qu’ils occupent actuellement, ou de collectes de fonds auprès de leurs anciens élèves et de leurs partenaires ».
Ce redéploiement de moyens « ne doit rien retirer à Paris » mais permettre l’émergence d’un ensemble à visibilité mondiale, qu’on ne pourrait pas développer dans la capitale en raison « du prix des terrains et du manque d’espace ».
« Nous ne créerons pas ici une ville nouvelle », a-t-il encore dit, en rappelant que les projets étaient conçus pour consommer le moins d’espace possible, et pour préserver les terres agricoles.
Le chef de l’Etat a aussi réaffirmé que le métro du Grand Paris passerait bien par Saclay pour compléter le réseau de bus locaux qui se met actuellement en place avec la région Ile-de-France et les collectivités locales.
Le plateau de Saclay accueille aussi des Centres de Recherches de grands groupes comme Danone, Thalès et EDF. Le projet gouvernemental indique que 12 000 chercheurs et enseignants, ainsi que 31 000 étudiants seront accueillis à l’horizon 2020.
Pour Bertrand Delanoë, le maire (PS) de Paris, il n’est pas souhaitable de provoquer « l’affaiblissement des autres pôles de recherche, et notamment Paris » qui sera une des principales victimes de ce transfert de grandes écoles.
Bien que l’argent semble couler à flots sur ce projet choyé par le président de la République, quelques petites questions demeurent.
La Ville de Paris acceptera-t-elle de se voir ainsi dépouillée de si prestigieuses grandes écoles ?
Puis de leur patrimoine immobilier ?
Cette dynamique de réorganisation des institutions recueille-t-elle l’adhésion des différentes grandes écoles et des chercheurs ?
Quid de l’expertise de la RATP qui souligne que, de toutes les stations envisagées pour la grande boucle, Saclay serait de loin la moins fréquentée ce qui rendait cet investissement exagéré et inapproprié ?
Des réserves allant dans le même sens avaient également été exprimées par le préfet de région. Les conserve-t-il aujourd’hui ?
Lequel des deux projets de transports soumis à débat public emportera l’adhésion du public, celui passant par Saclay ou celui proposé par la Région ?
La confiance et la concertation entre partenaires sur le projet du Grand Paris sont-elles aujourd’hui encore suffisantes ?
André Balbo
Sources : Les Échos, essonneinfo

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