France Nature Environnement regroupe 3 000 associations écologistes. Elle pensait lancer du 15 au 21 février une campagne d’affichage, avec 6 visuels « coup de poing », dans les stations de métro Odéon, Montparnasse et Saint-Lazare.
Pensait, car la RATP choisissait de ne pas la diffuser, malgré l’autorisation accordée par la justice le 14 février. Pour quelles raisons alors ? Parce que la régie avait été saisie par deux organisations agricoles qui estimaient mises en cause leur région ou leur profession à quelques jours de l’ouverture du Salon de l’Agriculture (du 19 au 27 février).
Serait-ce la preuve que l’on abordait de vrais sujets ? Pour Bruno Genty, président de la FNE interrogé sur Europe 1 : « Soit on reste silencieux et rien ne se passe, soit on met les pieds dans le plat pour essayer de faire bouger les lignes ».
Les messages de ces affiches n’ont pourtant dans le fond rien de révolutionnaire. Jugez-en plutôt :
« L’élevage industriel de porcs et les engrais génèrent des algues vertes. Leur décomposition dégage un gaz mortel pour l’homme » ;
« Concernant les OGM, on n’a pas encore assez de recul… » ;
Certains pesticides présentent un danger mortel pour les abeilles. »
L’occasion « de proposer des solutions et d’ouvrir un dialogue » ?
Pour le tout nouveau président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) Xavier Beulin, cette opération de FNE n’est qu’ « une campagne choc, caricaturale et clairement orientée contre l’agriculture ».
Plus surprenant, Jean-Yves Le Drian, le président (PS) du Conseil régional de Bretagne, a lui aussi dénoncé une initiative « malveillante ». Particulièrement touchée par les marées vertes et chantre de l’agriculture intensive, sa région pourrait à ses yeux voir sa réputation ternie, et « cette campagne a généralisé la présence d’algues en Bretagne, alors que cela ne concerne qu’une partie infime de son littoral ».
André Balbo
sources : Le Monde, Europe 1, www.zegreenweb.com, Libération

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