L’Institut national d’études démographiques (Ined) vient de publier le rapport « Trajectoires et origines ». Il en ressort que près de la moitié (42%) des immigrés d’Afrique subsaharienne, du Maghreb et de Turquie vivent concentrés dans les 10% des quartiers les plus précarisés. Ces populations font, plus que les autres, les frais de la ségrégation.
De 1990 à 1999, celle-ci a légèrement progressé en Ile-de-France pour les immigrés algériens, marocains et turcs.
Ça ségrègue, ça ségrègue…Ça concentre, ça concentre !
Pour Jean-Louis Pan Ké Shon, chercheur à l’Ined : « plusieurs facteurs concourent à la concentration de ces populations dans les quartiers précarisés : faibles loyers, présence de logements sociaux, discriminations directes et indirectes ».
Pour lutter contre cette ségrégation de fait, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU) pourrait être plus largement appliquée : en Ile-de-France, en 2008, 83 communes sur 181 ne disposeraient pas de 20% de logements sociaux.
Dans son enquête sur le « séparatisme social », « Le Ghetto français », le sociologue Éric Maurin enfonce le clou sur l’importance de l’école, « là où les premières fréquentations décident des grandes lignes du devenir de chacun ».
L’Ile-de-France souffre aussi de ne pas faire plus que ce que demande la loi SRU. 20% de logements sociaux demeurent ridicules pour Paris comme pour les principales agglomérations de la Région.
Les sanctions encourues restent très insuffisantes et donc non contraignantes pour les villes de notre riche Ouest, comme pour nos arrondissements cossus.
Ce que dit ce rapport se lit à livre ouvert lorsque vous prenez les transports en commun. Quartier riche ? Quartier pauvre ?
La loi française, en interdisant les études sur les origines, se prive de façon idiote de connaissances précises et précieuses, culturelles et géographiques, et bien sûr de l’accès à des solutions adaptées.
Mais nos ghettos sont si nombreux. Et nous ne parlons ici ni des jeunes, ni des vieux…
André Balbo
sources : Libération, Ined, Le Parisien

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