Alexandre Pougatchev, propriétaire et principale actionnaire du quotidien depuis début 2009, demandait au tribunal de commerce de Paris 6 mois de procédure de sauvegarde. La Tribune en bénéficie actuellement, et Libération y eut recours en son temps, la sauvegarde permettant de poursuivre l’activité tout en gelant temporairement les créances.
Le tribunal de commerce de Paris ne lui a accordé que 4 mois.
Fils d’un oligarque russe qui a connu cette année de sérieux revers de fortune, Alexandre Pougatchev avait déjà investi dans le journal quelque 60M€, installé les bureaux sur les Champs-Élysées, fait un lancement tapageur pour les uns, grandiose pour les autres au Centre Pompidou, recruté notamment des journalistes de renom, afin de lancer une nouvelle formule, jusqu’à présent restée pourtant sans les effets indispensables attendus.
En effet, le point mort de France-Soir étant situé aux environs de 150 000 exemplaires, la nouvelle formule n’aurait fait passer la diffusion France payée que de 22 722 à 74 531 exemplaires entre 2009 et 2010, mais, malgré une nouvelle relance en janvier 2011, les ventes se seraient tassées à 63 741 exemplaires.
Pour le premier semestre 2011, la perte d’exploitation aurait été de 12M€ pour un chiffre d’affaires de 6,1M€…
Les salariés du quotidien craignent que le comité d’entreprise prévu le 30 août ne serve à annoncer un plan de licenciements qui concernerait une bonne partie des effectifs (120 personnes).
André Balbo
sources : Les Échos, Libération

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