Frantz Quentin est le facteur du haut de la rue Amelot depuis mars 2000. 6 mois ont suffi pour que ce bout de rue, il l’ait au bout des doigts. Il connaît toutes les gardiennes, tous les noms, toutes les adresses du 93 au 163 rue Amelot pour les numéros impairs, et du 100 au 146 rue Amelot pour les numéros pairs.
Son travail est minuté. De 6h35 à 8h35, il trie les plis qui le concerne à la Poste générale du 11ème, rue Bréguet. Il part en bus pour une première distribution de 8h40 à 9h45.Il est de retour à 10h rue Bréguet pour une pause déjeuner jusqu’à 10h20 et se concentre jusqu’à 11h sur les « travaux intérieurs » (les réexpéditions, les rebus). De 11h à 11h20, il regroupe les recommandés, les mandats, les lettres taxées, puis repart pour une deuxième tournée jusqu’à 13h10.
Le rythme est très soutenu. Bien qu’on compte 250 facteurs dans l’arrondissement, ils ne sont pas assez nombreux. C’est tout un équipement qui est requis pour une course pareille : une montre bien réglée, des chaussures de sport, un chariot, une sacoche, un imperméable, une clé passe partout.
Il distribue 1500 plis par jour. Et puis il faut les porter. Le mal de dos est l’ennemi n°1 du facteur. Monsieur Quentin, lui, s’entretient tous les jours grâce à l’Association Sportive de La Poste et des Télécom.
Il n’a pas le temps de faire connaissance avec ses « usagers ». Il ne les connaît que de nom mais se trouve toujours bien accueilli, très attendu et très respecté. Et quand il s’agit de factures ?
Ce n’est pas toujours le cas. Il lui arrive de distribuer des lettres colorées, des pochettes de sables, des bouts de bois, et il y a pas si longtemps un coquetier avec l’adresse au bout d’une ficelle. Si les écritures ne sont pas toujours lisibles, il lit souvent des messages qui lui sont adressés sur les enveloppes, messages d’adolescents amoureux pressés : « facteur dépêche toi, l’amour n’attend pas ! ».
Les facteurs du quartier vont se présenter chez vous ces jours-ci pour vendre des calendriers et recevoir toutes vos sucreries de fin d’année. Une bonne occasion pour rencontrer et discuter avec quelqu’un qui nous rend bien service, en toute discrétion. Et qui sûrement comme Monsieur Quentin est très heureux dans son métier.

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