Avec Sweep Me Away, Fredrika Stahl, 25 ans, déjà forte de deux albums internationalement reconnus, accède à une nouvelle plénitude musicale. D’abord, il a fallu en finir une bonne fois pour toutes avec le désir de bien faire qui sommeille en tout Suédois qui se respecte. Avant, j’avais tellement peur de faire une fausse note que je m’appliquais trop, dit-elle. Je voulais que tout soit parfait. Et j’ai fini par lutter contre cet aspect trop perfectionniste de ma personnalité et apprendre à me laisser aller. Et la jeune Suédoise timide exilée en France depuis sept ans, ayant conquis de haute lutte son droit d’entrée dans le monde du jazz à coup de compositions jazz-pop léchées a arrêté de jouer à la bonne élève pour être enfin la reine du bal.
Le résultat est très féminin et très personnel, à la manière des auteurs-compositeurs que Fredrika admire comme Regina Spektor ou Emiliana Torrini. On ne se lasse pas d’écouter Sweep Me Away et son piano inquiet relayé par des violons tourmentés, le refrain intimiste et rêveur de Fast Moving Train, la valse-ritournelle de A Drop in the Sea, évocatrice de paysages nostalgiques, la mélodie chaloupée de Fling on Boy, My Own Special Way et son côté soul à l’ancienne, le charmant et ensoleillé Song of July, la perle pop Rocket Trip to Mars ou l’adorable So High. Comme on ne se lasse pas d’admirer la tranquille métamorphose de Fredrika Stahl, de chrysalide jazz en papillon pop.
Sortie le 27 septembre 2010.
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