Bertrand Delanoë, le maire (PS) de Paris, est prêt, dit-il, à se battre pour que Paris conserve le tournoi de tennis de Roland-Garros, mais il a affaire au Conseil de Paris à une réelle opposition dans laquelle, ce n’est pas si fréquent, droite et Verts se sont rejoints.
Les élus Verts de Paris se sont mobilisés, avec le soutien d’artistes, contre le projet du maire qui grignote sur une partie des serres chaudes d’Auteuil, dans le XVIe. Serres chaudes, dont une partie permet la conservation d’espèces rares.
Dans un communiqué, les Verts estiment que « la Mairie de Paris s’arc-boute sur un projet de prestige, en l’absence de toute considération pour les associations locales, pour les écoles du quartier impactées dans leur pratique d’un sport populaire, pour les scientifiques, les personnels des serres, les Franciliens amoureux des plantes et, enfin, pour les usagers du jardin des Serres d’Auteuil et du square des Poètes ».
Selon eux, le projet d’extension de Roland-Garros prévoirait la traversée de ces deux jardins par les spectateurs du tournoi (ils furent 460.000 personnes en 2010), « ce qui ne pourra que dégrader considérablement le site et avoir un impact majeur sur sa tranquillité. »
21 500 personnes réclament par pétition le maintien du jardin des Serres d’Auteuil, parmi lesquelles Françoise Hardy et Erik Orsenna, notamment.
Pour la mairie de Paris, ce projet permettraitpourtant « un réaménagement complet du site et l’implantation d’un nouvel équipement alliant serres et court de tennis » dans ce jardin du XVIe.
L’enceinte du nouveau court, non couvert et semi-enterré à 3,50m sous le sol, serait bâtie sur une surface de 2 000m2 actuellement occupée par des "serres chaudes" contenant des collections de fleurs rares et des bâtiments techniques, préservant ainsi les serres classées aux Monuments historiques. Pour les opposants au projet, une partie des serres chaudes pourraient être réduites ou transférées.
Dans une lettre à Bertrand Delanoë publiée jeudi par Le Parisien, Françoise Hardy, marraine des pétitionneurs, explique qu’il lui est difficile d’imaginer que « ce soit un maire de gauche qui commette un tel sacrilège. » Le trait est acéré.
Marne-la-Vallée, Gonesse et Versailles, également sur les rangs pour récupérer le tournoi, restent pour l’instant d’une discrétion certainement étonnante, mais de bon aloi.
André Balbo
sources : NouvelObs, Le Parisien, Libération, Les Échos

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