La France va abroger, pour la première fois de son histoire, des permis de recherche minière accordés en toute légalité par son administration. Apparemment, le gaz de schiste ne devrait pas à l’avenir être exploité en France. Ou du moins dans certaines régions du Sud…
Trois permis exclusifs de recherche avaient été accordés au printemps 2010 : à la compagnie texane Schuepbach, à Nant (Aveyron), et à Villeneuve-de-Berg, (Ardèche), et à Total, à Montélimar (Drôme). Nathalie Kosciusko-Morizet vient d’annoncer qu’ils seraient bientôt abrogés.
Rappelons que la loi votée le 13 juillet 2011 interdit l’usage de la fracturation hydraulique, alors même que celle-ci reste la seule technologie connue (et très controversée) à ce jour permettant aux industriels d’exploiter le gaz de schiste, et que chacun d’eux était tenu de préciser avant le 13 octobre la méthode qu’il emploierait.
NKM a précisé : « Dans les deux rapports de Schuepbach était explicitement mentionné le projet d’utiliser la fracturation hydraulique ». Dans le rapport de Total, « ce n’était pas le cas », mais « j’ai fait valoir l’argument que ce rapport n’était pas crédible ».
« Total déclare vouloir maintenant chercher des hydrocarbures classiques, donc non gaz de schiste, dans une zone où le potentiel est très limité et alors même que Total se désintéresse de la recherche du conventionnel sur le territoire terrestre français depuis des années, (…) Et Total annonce aussi vouloir continuer à rechercher du gaz de schiste avec des techniques qui ne sont pas la fracturation hydraulique, or on sait aujourd’hui que ces techniques ne sont pas opérationnelles ».
Cette annonce, dont la soudaineté aurait largement surpris, aurait été apparemment faite au bon moment, le président Nicolas Sarkozy se rendant le 4 octobre dans le Gard, département très concerné par ces permis exclusifs de recherche de gaz de schiste.
En revanche, parmi les sites et les 3 contrats mentionnés dans le cadre de l’abrogation, sur un total (sans jeu de mot) de 64, il n’a pas été fait mention des projets qui touchent à l’Ile-de-France, notamment avec la société américaine Toreador, que dirigeait Balkany Jr. Un oubli ? En Seine-et-Marne, 17 fracturations hydrauliques auraient déjà eu lieu...
Concernant ce projet d’abrogation confuse et partielle, d’autres industriels disposant de permis, approchés par le journal Le Monde, auraient affirmé n’être au courant de rien.
Des précisions et une abrogation cohérente c’est à dire généralisée seraient les bienvenues...
André Balbo
source : Le Monde

envoyer par mail
Imprimer la page