Le 29 novembre 2011, le ministre de la Ville, Maurice Leroy, a annoncé lors de l’inauguration du nouveau siège de la SGP à Saint-Denis, à deux pas d’une des futures grandes gares du Grand Paris Express, la création d’une charte d’architecture concernant les 57 gares sous maîtrise d’ouvrage de la SGP (la Société du Grand Paris).
La nouvelle charte, qui définira une identité architecturale transversale, devra ensuite être déclinée pour chacun des six sites industriels, selon le contexte local et les souhaits des communes.
Prolongement logique, la SGP a publié le 13 décembre 2011 au Journal officiel de l’Union européenne (la JOUE) un avis d’appel à la concurrence pour une étude transversale relative à l’établissement d’une charte d’architecture et d’aménagement commune à l’ensemble des six sites industriels du Grand Paris.
Cette consultation internationale devra aboutir au printemps à ce que soit sélectionné « un architecte de renom, accompagné d’une équipe pluridisciplinaire composée de designers, d’architectes, d’artistes, de sociologues ».
L’équipe aura pour tâche de concevoir une charte donnant son identité et sa cohérence aux 57 gares dont la SGP aura la responsabilité. Cette charte cadrera le travail des architectes qui seront chargés de la réalisation des gares.
Ainsi le métro du Grand Paris, prévu (et très attendu) pour 2025, se cherche-t-il un architecte de renom (car le temps presse) pour signaler l’accès des 57 nouvelles gares, qui devront être aussi facilement identifiables que le furent à leur époque Art nouveau les bouches de métro inventées par Guimard.
En 1899, le président du conseil d’administration de la Compagnie du Métro, séduit par l’Art nouveau, faisait appel à Guimard, surnommé un temps le Ravachol de l’architecture, pour la réalisation des édicules qui allaient protéger les entrées des stations souterraines. Celui-ci devait acquérir son droit à la postérité grâce à ses fameuses entrées du « Métropolitain ». La mode passera et après 1902, Guimard s’en retournera à la construction d’immeubles.
Encore aura-t-il fallu beaucoup d’audace à ce président pour choisir à cette époque l’Art nouveau et Hector Guimard pour le Métropolitain...
Mais revenons au Grand Paris Express. En fait, mais l’histoire ne le dit pas encore, il ne s’agira pas de 57 mais de 72 gares, 57 n’étant que le nombre de nouvelles gares de ce réseau, qui en disposera en tout de 72.
Cette façon particulière et certainement grandiose pour ce nouveau réseau de se faire identifier pourra utiliser au choix ou cumuler des codes couleurs, des codes matériaux, mais aussi des prescriptions de forme, les nouvelles gares se voulant lieux de vie, et donc moins discrètes que les simples émergences de bouches de métro telles que les avait faites Hector Guimard.
La désignation se fera fin mars 2012, timing parfait, puisque ce sera juste la semaine qui suivra l’inauguration de la nouvelle, spectaculaire et gracieuse gare Saint-Lazare, très joliment rénovée.
André Balbo
sources : Vie, rail et transport, NouvelObs

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