Le projet de métro en rocade de Christian Blanc avait notamment en projet de désenclaver le plateau de Saclay, qui représente 10% de la recherche publique et privée française. Or, selon le quotidien le Monde, il est plus que possible, au regard de l’importance de l’investissement (4,8Mds€ pour une section de 36km), que la question de savoir si un métro se justifie (sur cette section) est une question qui se posera pendant le débat public de l’automne.
En effet, pour certains experts en transports, on pourrait parler là de « gabegie ». Sur ces terres où grandes écoles, laboratoires de recherche, entreprises de pointe sont éparpillés au milieu des champs, la fréquentation des voyageurs promet d’être faible.
Selon le dossier de la Société du Grand Paris (SGP) chargée de réaliser ce métro, le trafic y serait le plus faible de toute la rocade. La RATP évalue pour cette portion 6 000 voyageurs.
Or un métro ne se justifierait qu’à partir de 8 000 à 9 000 voyageurs à l’heure de pointe selon les spécialistes, et ce chiffre ne serait atteint qu’en 2035... si les prévisions de création d’emplois escomptées par Christian Blanc se réalisaient, prévisions qui n’ont été validées ni par la Dreif ni par l’Insee.
Sur le papier, le coût du tronçon de Saclay peut être évalué à environ 130 M€/km, soit 4 fois celui d’un tramway (entre 30 et M€/km), mode de transport habituellement retenu pour un trafic de 4 000 à 8 000 passagers à l’heure de pointe. Le choix du tramway, que certains experts préconisent, entraînerait une économie d’1,8Md€ par rapport au métro.
Gilles Carrez, député (UMP) du Val-de-Marne, préconise dans son rapport sur le financement du réseau de transports du Grand Paris, de reporter la branche de Saclay à « après 2025 », mais l’Elysée a confirmé qu’il n’y aurait : "Pas de phasage de la double boucle". Saclay n’est, à ce jour, pas moins prioritaire que le reste du grand métro.
André Balbo
Source : Le Monde

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