Le Grand Paris 
4 mai 2011

Grand Paris : on va peut-être bientôt s’assoir et discuter...

 



envoyer l'article par mail envoyer par mail
Version imprimable de cet article Imprimer la page

Nicolas Sarkozy a confirmé hier, comme Christian Blanc l’annonçait dans son projet, qu’un pôle d’excellence serait constitué à Saclay, auquel il entend consacrer plus d’un milliard d’euros.

Bertrand Delanoë a accordé aux Échos sur le projet du Grand Paris une tribune modérée qu’il aurait pu titrer « Je ne peux accepter d’en rester là. » Rapidement, pour votre jugement, quelques-unes de ses idées…

- Si renforcer l’attractivité de la métropole est un enjeu essentiel, miser sur la création de zones de production spécialisées comme locomotive du territoire est inadapté et serait une mauvaise lecture de la mondialisation. Vitalité et performance de l’économie sont aujourd’hui bien plus ancrées dans la mise en réseau, le partage et l’interpénétration.

- Les politiques publiques doivent être les garants de la justice sociale et d’une bonne économie des ressources. C’est cela la ville durable. Une métropole juste sera durablement attractive pour ceux qui la vivent, et non pas d’abord pour ceux qui ne font que la traverser.

- Une partie de ceux qui font vivre la métropole : étudiants, infirmiers, personnels de service, employés, ouvriers peinent à trouver leur place dans cet espace en mutation. Il est temps que les politiques publiques à leur endroit se déploient à une échelle pertinente, et s’attaquent sérieusement aux territoires de relégation.

- Le 29 avril dernier le président de la République semblait ouvert le 29 avril dernier à une synergie loyale avec les élus locaux. Le résultat n’a pas été à la hauteur.

- Je propose à l’Etat un partenariat moderne et efficace pour inventer la métropole parisienne du XXIe siècle. Autour des équipes de la consultation internationale du Grand Paris, avec l’Etat, la région, Paris Métropole, et l’Association des maires d’Ile-de-France, créons l’Atelier du Grand Paris. Arrêtons des choix, identifions les territoires et les projets métropolitains prioritaires et veillons à donner du sens à cette démarche.
- La Société du Grand Paris ne peut et ne doit pas être le lieu de la gouvernance métropolitaine, qui doit s’inventer au sein de Paris Métropole, conçu comme lieu d’action qui entreprend, développe des instruments de solidarité financière, porte des projets métropolitains concrets sur le logement, pour l’emploi, pour le développement durable.

- La démocratie doit reprendre ses droits dans le débat sur la métropole : c’est ainsi que nous serons à la hauteur des enjeux et d’une certaine idée de l’ambition métropolitaine.

Le Havre, Fécamp-Bolbec et le Pays d’Auge viennent de confier à Jacques Attali une mission d’études sur le Grand Paris. Comme Attali disait que « Toutes les grandes capitales mondiales ont une façade maritime », il devra maintenant répondre aux questions : Quels types de développements portuaires privilégier ? Quelles recherches ? Quels équipements économiques et culturels faut-il bâtir ?

Fin mars Jacques Attali rendra compte des travaux de sa commission… qui seraient ensuite publiés chez Fayard !

Anne Hidalgo a dit que « beaucoup d’élus, de gauche, mais également de droite, sont extrêmement mal à l’aise avec la méthode employée pour le Grand Paris. Il y a, dans cette manière de faire, un mépris pour la démocratie locale. Le monde a changé, la société a changé. Les habitants ont envie de prendre part aux décisions qui les concernent. Plus le niveau de décision est éloigné d’eux, moins ça leur plait. »

À bientôt,

André Balbo


derniere modification: mardi 4 mai 2011, par André Balbo