Pour la première fois, des membres du collectif des « déboulonneurs et barbouilleurs anti-pub » ont été relaxés, vendredi 2 avril, par le tribunal correctionnel de Paris au nom de la « liberté d’expression ».
Ils étaient poursuivis pour avoir barbouillé cinq panneaux publicitaires sur les Champs-Élysées, à Paris, le 26 janvier 2008.
« Nous sommes très heureux. C’est une première pour nous après 12 précédents procès où nous avons été condamnés à chaque fois » a expliqué Nicolas, porte-parole des Déboulonneurs.
Le collectif prône « la désobéissance civile » contre la publicité trop envahissante. Ses membres considèrent que plus d’un tiers du million de panneaux installés sur le territoire ne respectent pas la loi de 1979 qui réglemente la publicité extérieure et les enseignes.
Plus que la relaxe, c’est le motif du jugement qui a surpris : le tribunal a estimé que les messages des anti-pubs ne relevaient pas de la « dégradation », mais de la « liberté d’expression ».
Pour Nicolas : « C’est une véritable révolution ! Il y a une vraie possibilité de jurisprudence, mais notre but n’est pas de dire (Allez-y dégradez, déchirez, attaquez-vous aux publicités !). Nous sommes responsables et d’ailleurs, à partir d’aujourd’hui, nous arrêtons nos actions. Désormais, la balle est dans le camp des politiques, à eux de prendre leurs responsabilités, d’instaurer un vrai débat sur la pollution publicitaire. »
Quelques membres des Déboulonneurs ont été reçus hier au cabinet de cette sacrée nana de Chantal Jouanno, secrétaire d’État à l’Écologie.
« Ce jugement est providentiel, car il tombe en pleine élaboration de la loi Grenelle 2. Il y a des dispositions sur la publicité, mais elles sont insuffisantes. C’est l’occasion de faire un vrai texte avant l’examen de la loi à l’Assemblée, début mai. »
Un publicitaire aurait dit : « Les actions des Déboulonneurs sont paradoxales : ils sont meilleurs en marketing que nous. Ils utilisent beaucoup mieux le système de communication qu’ils affirment pourtant dénoncer ! »
André Balbo
Sources : Le Monde, Le Parisien

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