Le Musée Rodin expose les œuvres de l’Anglais Henry Moore, l’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle, connu pour ses bronzes abstraits monumentaux dont les silhouettes souvent féminines peuplent les plus grands musées du monde, et ses petits personnages percés qui peuvent tenir dans le creux de la main.
Pour cette rétrospective exceptionnelle, la plus importante qui lui soit consacrée à Paris depuis plus de 30 ans, la fondation Henry Moore a confié au musée Rodin plus de 150 pièces et une cinquantaine de dessins originaux qui permettent de mieux faire comprendre le travail du sculpteur.
Le processus de création d’Henry Moore est aussi révélé par la présence de pierres, de coquillages et d’os, ainsi que par de nombreuses maquettes intermédiaires.
Les commissaires de l’exposition Hélène Pinet et Anita Feldman se sont attachés à retracer la carrière de l’artiste et à recréer l’atmosphère de l’atelier du sculpteur.
80 sculptures en plâtre, de petites dimensions, voisinent avec des objets étranges, comme les crânes d’un éléphant et celui d’un rhinocéros noir, mais aussi avec le fauteuil d’Henry Moore, son bâton de marche et son transistor. Cela rappelle l’ambiance « atelier » recréée au Centre Pompidou pour l’exposition de l’artiste mexicain Gabriel Orozco. S’agit-il d’une nouvelle approche muséale ?
On trouve dans cette rétrospective les versions préparatoires de certaines de ses oeuvres célèbres, plus tard fondues en bronze ou réalisées en taille directe, comme "Ovale avec pointes" (1968-1969) ou "Sheep piece" (1977).
La fameuse "Pièce en trois directions" (1964-65), est bien mise en valeur sous la nef du musée, où elle prend des allures d’objet rituel.
Voir également deux pièces monumentales exposées dans le jardin du musée « Looking Piece » et « The Arch », une impressionnante arche en fibre de verre de 6,10m.
Un catalogue a été édité : Hazan/Musée Rodin, 216p., 242 ill. coul.)
Musée Rodin Henry Moore, l’atelier : sculptures et dessins. Jusqu’au 27 février, du mardi au dimanche de 10 à 17h45, 8,30€, 6,30 aux – de 25 ans.
André Balbo
Sources : Le Parisien, Rfi, Musée Rodin

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