La semaine passée, après 4 jours de grève à Air France, les syndicats du transport aérien et le très puissant syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) avaient remis au jeudi 16 février la décision de poursuivre, ou non, le mouvement social. Ce qui laissait planer la menace de voir des avions cloués au sol dans les aéroports parisiens pendant les vacances d’hiver... Mais l’intersyndicale a décidé de jouer l’apaisement.
Dans un communiqué publié ce jeudi à la mi-journée, l’intersyndicale, qui regroupe le SNPL mais aussi l’Unsa, CFDT Aériens ou la CGT transports, a expliqué avoir pris cette décision à l’unanimité afin "de ne pas répondre à la provocation du gouvernement qui, en continuant d’enfermer les syndicats dans son calendrier "à marche forcée", aimerait bien voir un nouveau conflit social se déclencher pendant les vacances scolaires, dans le seul but de justifier sa loi." Selon les syndicats, le gouvernement a refusé "tout dialogue social" et empêché "une concertation entre les partenaires sociaux".
D’autres types d’actions sont cependant envisagées "pour ne pas pénaliser les familles". Lesquelles ? L’intersyndicale n’a pas précisé. Evous a posé la question à la CFDT Air France, via Twitter. Le syndicat a répondu qu’aucun mode d’action n’avait encore été arrêté, tout en soulignant la ligne modérée de la CFDT sur ce dossier, qui "privilégie la négociation, toutefois il faut être au moins 2 autour de la table des négociations"...
Le mouvement de grève à Air France a forcé la semaine passée la compagnie à l’annulation de 25% des vols. Plusieurs annulations ont été décidées à la dernière minute dans les aéroports franciliens d’Orly et de Roissy Charles De Gaulle. Le trafic avait par la suite repris normalement le vendredi 10 février 2012.
La raison de la colère des pilotes et autres employés d’Air France ? Les syndicats du transport aérien s’opposent à une proposition de loi votée en première lecture le 24 janvier à l’Assemblée nationale et qui impose à l’avenir aux grévistes de se déclarer individuellement 48 heures à l’avance. Le Sénat, passé récemment à gauche, a rejeté cette proposition hier, mercredi 15 février, renvoyant le texte en seconde lecture devant l’Assemblée nationale. Mais quelle que soit la position du Sénat, qui a ainsi le pouvoir de prolonger les débats, les députés auront le dernier mot.

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