Le Pr Didier Houssin, le directeur général de la santé, a indiqué le 15 juin que
de 20 à 25% des femmes enceintes s’étaient fait vacciner contre la grippe H1N1, de même que :
15 à 20% des proches d’enfants de moins de 6 mois et des personnes en affection de longue durée (ALD) ou souffrant de bronchite chronique,
20 à 25% des enfants de 6 à 24 mois,
10% des 2 à 11 ans,
et 30% des professionnels de santé.
Il a fourni ces quelques précisions à l’occasion d’une audition, devant la commission d’enquête sur la gestion de la pandémie, de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Celle-ci a reconnu qu’il y avait eu « des points noirs » : dans l’expertise, dans l’usage des centres de vaccination et dans la communication (du ministère) avec les médecins libéraux.
La ministre a regretté que l’expertise ait été « mise à mal, critiquée, décrédibilisée », alors qu’elle est « irremplacable » et « indispensable à la décision ». Mais elle est « perfectible », a-t-elle admis. Les experts, qui conduisent régulièrement des missions payées pour les laboratoires, ont été parfois critiqués et considérés en la matière comme juges et partie.
Mme Bachelot a admis aussi que les centres de vaccination n’avaient « pas atteint leurs objectifs ». Mais « la médecine de ville et les établissements de santé n’auraient pas suffi ». Qu’il y eut une « forme d’antagonisme entre l’individualité de la médecine libérale et la compétence de l’Etat face à une menace sanitaire ».
Quant au principe même de la vaccination, elle a évoqué la « peur » de la population, du fait d’informations circulant sur une possible nocivité du vaccin.
Elle a dit avoir essayé « tout au long de la pandémie, de baisser le rhéostat d’une communication qui s’emballe ».
Mme Bachelot a indiqué enfin que les mutuelles, organismes complémentaires ou assurances privées, à qui avait été demandée une « contribution exceptionnelle » pour cette vaccination offerte gratuitement à tous, recevraient une restitution partielle.
André Balbo
Source : Le Figaro

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