C’est absurde et incompréhensible. Deux ex-conseillères de Nicolas Sarkozy, Mesdames Chantal Jouanno et Rachida Dati, s’affrontent déjà avec une rare violence qui nous permet de penser que ni l’une ni l’autre n’auront besoin d’ennemis en dehors de leur parti. Elles ont trouvé sur place une cible à leur combativité, au moins une mise en bouche pour… mars 2014 !
Pour Robert Solé, il s’agirait d’un « petit duel verbal ».
Le 23 décembre, notre nouvelle ministre des Sports, Chantal Jouanno, championne en sports de combat déclare qu’elle se verrait bien candidate à la mairie de Paris « en ticket avec François Fillon », puis lance une très belle peau de banane à sa copine infantilisée, qu’elle nomme par son prénom : « Rachida est maire du VIIe et député européenne. C’est déjà très bien. Une élection à Paris, ce n’est pas du casting, et il ne faut pas considérer qu’on est là pour faire des coups. » Allez, sois raisonnable ! Vlam !
"J’ai un côté plus à gauche, plus bobo que François. Or l’un des enjeux de 2014, c’est la reconquête des quartiers de l’Est parisien"...
Si Chantal est une championne, Rachida n’est pas que dyslexique. C’est une guerrière. En plein Noël, elle décochera sa flèche savamment trempée dans de subtiles poisons : « Mme Jouanno (distance et hauteur immédiatement prises avec l’adversaire ; refus du corps à corps et lacher de kimono, grâce à l’emploi du nom), qui n’a ni bilan ni idées » voudrait « se faire une notoriété en m’agressant ». Et de faire circuler la rumeur, qui est une arme que l’on ne devrait jamais négliger, que « le président de la République n’a pas apprécié et l’a fait recadrer ».
Si fait. Chantal Jouanno dut se fendre d’une explication de texte : "ce n’était pas une déclaration de guerre à Rachida Dati mais... un cadeau de Noël au Premier ministre".
Et Solé de conclure, philosophe : « Ne pas avoir d’idées, passe encore. Mais pas de bilan ? Comment peut-on vivre sans ? Un bilan, ça vous pose et ça s’impose. Il faut savoir l’établir, le dresser, l’arrêter, le consolider... Au ministère de la justice, Rachida Dati avait même déposé le bilan. »
Fermez le ban, momentanément, car pour paraphraser Jacques Chirac : « Quand les perfidies volent, c’est en escadrilles ». Et la chasse paraît ouverte bien plus tôt que d’habitude.
André Balbo
sources : Le Canard Enchaîné, Le Monde

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