Cette histoire complexe, pleine de rebondissements, d’art, de fortunes cachées, et de très longues luttes entre héritiers que nous avons tenté de suivre dans ses méandres, cette saga, proprement extraordinaire, vient de connaître un nouvel rebondissement, qui paraissait à beaucoup de plus en plus inéluctable.
Guy Wildenstein, 65 ans, représentant UMP de Washington au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), a été mis en examen le 6 juillet, par le juge Dando à Paris, pour recel d’abus de confiance pour la détention de certains tableaux, dans le cadre de la succession de son père, le marchand d’art et collectionneur marchand d’art de réputation internationale, Daniel Wildenstein.
Il avait été placé en garde à vue le 5 juillet dans les locaux de l’Office central des biens culturels de la direction centrale de la police judiciaire, à Nanterre (92). Il a été remis en liberté « sans aucune mesure de contrainte ».
Cette affaire, que l’on a parfois comparée à l’affaire Bettencourt, embarrasse l’UMP dans la mesure où Guy Wildenstein est son représentant pour la Côte Est des Etats-Unis au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), qu’il est un membre éminent du premier cercle, et aussi parce qu’il est un proche de Nicolas Sarkozy, qui l’a décoré de la Légion d’honneur en 2009.
La veuve de Daniel Wildenstein, Sylvia Roth, avait porté plainte, il y a plusieurs années, contre ses beaux-fils Guy et Alec (aujourd’hui décédé), les accusant d’avoir dissimulé, au fisc et aux autres héritiers, une large part de l’immense fortune familiale, déclarée initialement de 42M€ mais estimée à ce jour à quelque 4Mds€, dans des trusts basés dans des paradis fiscaux.
Guy Wildenstein est également visé notamment par une plainte pour recel d’un tableau (un autoportrait) de Claude Monet.
Par ailleurs, au cours d’une perquisition menée début 2011 dans les bureaux de l’Institut Wildenstein qui jouxte les locaux de l’UMP, rue la Boétie à Paris (VIIIe), les policiers avaient découvert plusieurs oeuvres « volées ou disparues » dans une chambre forte, dont notamment l’huile de Berthe Morisot, Cottage en Normandie (illustration), estimée à 800 000€, disparue depuis près de 20 ans, des sculptures et dessins de Degas, et une sculpture de Rembrandt Bugatti. Ces découvertes devaient entraîner plusieurs plaintes.
Les Wildenstein forment, depuis la fin du XIXe siècle, l’une des plus importantes dynasties de marchands d’art du monde.
André Balbo
sources : Le Monde, Le Parisien, Challenges

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