Déjà présente sur le plan de la ville de Paris de Jacques Gombouste publié en 1652, la rue doit son nom à un jardinier maraîcher, Girard de Lappe, qui possédait à cet endroit des terrains, au XVIIe siècle. En 1830 elle devint la rue Louis Philippe jusqu’en février 1867, date à laquelle un arrêté lui rendit son nom d’autrefois.
Le marquis de Rochegude, décrivait en 1910 cette rue très curieuse le soir avec ses nombreux bals populaires, particulièrement habitée par les marchands de fer et de métaux. Les bals étaient animés par les musettes des Auvergnats, puis par les accordéons des Italiens. La rue de Lappe est une représentation de la tradition des bars et des bals qui se perpétuent. Emblématique des bals de quartier bien que tout cela ait largement évolué, elle n’en demeure pas moins une rue festive du quartier Roquette.
Elle regroupait ainsi de nombreux établissements comme le Lion d’Or ou le Joueur de Biniou. Dix y sont encore ouverts en 1930 et parmi les plus célèbres, le Bal Bousca, les Barreaux Verts ou la Boule Rouge. Le bal musette est à ce moment là le divertissement le plus couru.
La musette est une petite flûte apportée par les Auvergnats. C’est alors que les dimanches après-midi, en été, sonnaient l’affluence des petites salles aménagées où les couples tournaient sous les guirlandes de papier couleur, dans la rue Basfroi et dans la rue de Lappe ; les valses s’interrompaient parfois pour permettre aux fils de l’Auvergne de danser une gracieuse bourrée. Car c’était encore un quartier de ferrailleurs qui côtoyaient ces établissements ouverts par les Auvergnats et les boutiques qui vendaient des produits régionaux, salaisons et vins de pays.
Progressivement abandonnée, elle a subi de lentes dégradations. Des aménagements, réalisés ces dernières décennies, ont permis sa réhabilitation. Cette rue étroite d’une longueur de 265m, bénéficie de la proximité de l’Opéra Bastille et de la rue de la Roquette ; elle est donc assez fréquentée. Les ferrailleurs ont déserté les ateliers et ont laissé la place à une population plus festive avec des restaurants, des boîtes de nuit dont le célèbre Balajo et quelques boutiques. Elle se termine et-ou commence rue de Charonne et rue de la Roquette.
Au pied de la place de la Bastille, quasiment déserte en journée, elle se découvre la nuit pour devenir une rue animée de fêtards qui déambulent entre les rues de la Roquette, des Taillandiers, Keller et autres rues de ce quartier pour noctambules.




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