Petite histoire de la culture de la pêche à Montreuil
Sur le territoire de Montreuil, en remontant la rue Saint Antoine depuis la place de la Mairie, on peut apercevoir des murs blancs, alignés, distants de 3 mètres environ, dont la plupart sont à moitié détruits. Ces murs accueillaient, il y a encore peu de temps, des pêchers.
Les pêchers étaient fixés en espaliers le long de ces murs à l’aide de
gros clous et de loques (lambeaux de tissus utilisés pour ne pas meurtrir les branches). L’amandier sauvage, très résistant, était souvent utilisé comme porte-greffe. La taille, effectuée régulièrement, permettait de contenir et diriger les arbustes sur les murs tout en assurant une bonne répartition de la sève dans les branches.
Si la culture du pêcher réclame soins et patience, on s’entourait également de mille précautions pour la cueillette, le transport et la présentation du fruit "luxueux et fragile" comme en témoigne ce texte de E. Couturier (1750) :
"On saisit à pleine main, sans toutefois la serrer, la pêche à cueillir ; puis on tire à soi, sans qu’aucun des doigts fasse une pression plus forte que les autres. Surtout se méfier du pouce. Le fruit cueilli, le poser, toujours
avec le plus grand soin dans un panier de rognures de papier fin, ou de gazon très doux et sec, ou encore de feuilles de vignes sans pédoncules, qu’on recouvre d’une toile douce. C’est sur ce coussin improvisé qu’on place les pêches cueillies."
La pêche de Montreuil acquit peu à peu une très grande renommée et fut servie aux tables des plus grands, dont celles de François 1er, de la cour de la Reine d’Angleterre, du tsar et des princes russes entre 1815 et 1917. Aujourd’hui l’appellation "Pêches de Montreuil" n’existe plus, mais de nombreuses variétés obtenues par des arboriculteurs montreuillois sont passées à la postérité : tionfo liscio, willermoz, prince of wales.
Diverses variétés de pêches - et leur créateur montreuillois : Les Early, la Alexis Lepère, la Blondeau (par Alexis Lepère), la Arthur (par Athur Chevreau), la Belle Beausse (par Joseph Beausse), Gustave Guyot, la Belle Impériale (de Désiré Chevalier), la Pierre Bonouvrier, la Madeleine Rouge, la Galande (appelée également la noire de Montreuil), la Grosse Mignonne hâtive, la Grosse Mignonne Ordinaire, la France, Madame Aubin (ou la Tardive Aubin), la Octave Poix (la Russe), la Théophile Sueur, la Téton de Vénus (très exportée à partir de la Révolution) et la Vilmorin (dédiée à la famille Vilmorin par Alexis Lepère).

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