Jusqu’au début du XVIIIe siècle, il s’agissait de chemins ruraux menant vers les villages de Belleville ou Ménilmontant, etc. En matière d’axe Nord-Sud, en dehors des grands boulevards extérieurs issus des fermiers Généraux en 1789 et quelques autres rues, la rue de la Folie Méricourt conduisait à l’abbaye de Saint-Antoine, relevant ainsi du maillage primitif. Un recensement prouve et atteste de la présence d’habitants dans cette rue, entre le Moyen-Âge et le XVe siècle, et elle est indiquée dans le plan de Gomboust de 1652. La richesse de son drain amené par les eaux du Pré Saint-Gervais et de la Pierre Levée, profita aux agriculteurs et aux résidences de campagnes proches de Paris qui se développèrent.
En effet, cette voie était l’artère principale qui arrivait au hameau de Popincourt ; Jean de Popincourt (XVe) en était le seigneur des lieux et président du parlement de Paris. Folie de Méricourt rappelle la propriété d’un maître épicier de la fin du Moyen-Âge, Marcaut, dont le nom fut déformé en Maricourt puis Méricourt.
Mais l’origine exacte reste mal connue. Selon d’autres hypothèses, il s’agissait d’une maison de plaisance, et la rue doit son nom à une "folie" (maison de campagne des classes bourgeoises ou nobiliaires), que possédait un sieur Marcout, maître de la corporation des épiciers apothicaires. Par la suite, son patronyme connut quelques avatars, et fut écrit successivement Mauricout, Mauricourt, Moricourt et enfin Méricourt (Arrêté de 1868).
Le N° 20 correspond à l’ancien emplacement d’un jardin médicinal et d’une maison de santé fondée à la fin du XVIIe siècle par Nicolas Blégny, apothicaire rue Guénégaud. Ce dernier avait décidé d’ouvrir pour sa fidèle clientèle une maison de cure à l’extérieur de Paris dans ce hameau Popincourt en 1692 : Etablissement Cures, Lait, Eaux Minérales, Bains et Etuves du sieur Blégny. A côté de cette parcelle, en 1722, le duc de Fronsac installa une maison de rendez-vous célèbres, où il recevait maintes dames galantes...
Découvrez cette rue dans l’un des quartiers les plus animés du 11e, traversant le bas de la rue Oberkampf et ses commerces de bouche. Une rue calme et peu empruntée par les véhicules.


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