L’Autorité des marchés financiers de Paris a annoncé le 17 janvier que sa commission des sanctions avait condamné Wendel et son ancien président du directoire, Jean-Bernard Lafonta, à une amende de 1,5M€ chacun dans l’affaire de l’entrée du holding (société d’investissement) présidée par l’ancien patron des patrons, Ernest-Antoine Sellière, au capital de Saint-Gobain en 2007.
Était en cause le défaut d’information du marché sur la préparation de la montée de Wendel au capital de Saint-Gobain.
La peine infligée est la peine maximale dans ce type d’affaires, dans la mesure où l’AMF a considéré que la préméditation de l’action de Wendel était avérée du fait de l’acquisition de produits dérivés, des contrats TRS (pour total return swap) ayant le titre Saint-Gobain pour sous-jacent et en mettant en place des accords de financement avec les banques. Sans qu’il y ait eu la moindre communication au marché.
Pour Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF depuis le 15 décembre 2008, le souci de transparence doit être un enjeu majeur pour les autorités de marché aujourd’hui. Wendel s’est fait pincer et servira d’exemple !
Premier ricochet : serions-nous là si éloignés des mécanismes employés par Bernard Arnault et LVMH pour entrer au capital d’Hermès ? Une autre affaire sur laquelle une enquête de l’AMF est en cours ? Consultez sur le sujet nos différents articles... hum, hum, fort bien faits !
Deuxième ricochet : certains jugeront peut-être que cette condamnation de l’Autorité ne sera pas du meilleur effet pour la réputation du syndicat patronal dont Ernest-Antoine Sellière fut président de 1997 à 2005, soit deux petites années après la fin de son mandat…
Et si, pour Jean-Pierre Jouyet, la Commission des sanctions a pris la bonne décision et qu’elle « doit servir de leçon pour tout le monde », ne risquons-nous pas d’en découvrir d’autres effets purificateurs ?
André Balbo
sources : Autorité des Marchés financiers, L’Express, Le Parisien

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