Si le commerce équitable est perçu, à juste titre, comme une démarche favorisant avant tout la dignité économique et sociale des paysans, ouvriers et artisans des pays du Sud, il inclut également une très forte dimension environnementale. En effet, l’agriculture paysanne pratiquée par les petits producteurs est souvent économe en intrants et engrais chimiques : leur pratique agricole préserve la nature.
Mais dans un souci d’améliorer et de valoriser cette préoccupation écologique, les standards du commerce équitable ont systématisé l’interdiction des OGM et d’un certain nombre de produits chimiques portant atteinte à la santé, à la biodiversité et aux ressources en eau. Cette attention particulière au respect de l’environnement, ainsi que les revenus supplémentaires dégagés grâce au commerce équitable, sont un facteur important de conversion des producteurs vers l’agriculture biologique. Ceci explique que près de 50% des produits du commerce équitable (alimentaire et coton) sont également bio.
Pour autant, cette préoccupation quant aux impacts environnementaux de la production ne résout ni le problème de l’acheminement des marchandises d’un continent à l’autre - et donc des émissions de gaz à effet de serre responsables des changements climatiques - ni celui de la fabrication et du rejet des emballages des produits.
La pollution liée aux transports, parfois évoquée à propos des produits du commerce équitable, est souvent surestimée : la grande majorité des produits issus du commerce équitable est acheminée en France par bateau (peu émetteurs de CO2 en comparaison avec l’avion). Par ailleurs, les bilans carbone et les analyses de cycle de vie effectués notamment par Alter Eco, Ethiquable, ou encore Guayapi Tropical montrent que, contrairement aux idées reçues, c’est le transport par camions sur le territoire français qui est le plus polluant et non le recours à l’avion. C’est la raison pour laquelle certains membres de la Plate-Forme pour le Commerce Equitable (PFCE), comme par exemple Véja ou Peau éthique, développent des alternatives comme le ferroutage et le transport par barge sur les voies fluviales.
Pour les emballages, beaucoup d’acteurs du commerce équitable sont engagés dans des démarches de réduction des packagings et d’éco-conceptions de leurs produits.
Il est à noter que beaucoup d’autres initiatives environnementales existent dans le secteur : Ethos a créé un procédé bannissant tous les produits chimiques pour les teintures de ses vêtements ; Ideo, la Fédération Artisans du monde et Altermundi conçoivent leurs boutiques avec des matériaux écologiques ; et Signalétique, Forest People ou Artisanat SEL pratiquent la compensation carbone.
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