Rétrospective jusqu’au 3 janvier 2011 au Centre Pompidou de Gabriel Orozco, qui s’est imposé, dicen, dès le début des années 1990, comme l’un des artistes les plus importants de sa génération.
Orozco, né au Mexique à Jalapa en 1962, a beaucoup voyagé entre Mexico, New York et Paris. Ce serait donc commettre une grave erreur que de trop tenter de le rattacher à son pays. Orozco n’a pas d’atelier fixe. Il crée où il est. Très demandé, il bénéficie aujourd’hui d’une large reconnaissance internationale. Après le MoMA de New York et le Kunstmuseum de Bâle, le voici à Beaubourg, puis il sera attendu à la Tate Modern de Londres, la première galerie britannique d’art moderne.
« Les oeuvres d’Orozco composent un univers caractérisé par un vif intérêt pour les éléments du paysage urbain et du corps humain, comme pour les incidents du quotidien et du familier. Ils nourrissent son travail dont la poésie est celle du hasard, du paradoxe, et qui brouille les frontières entre l’objet d’art et l’environnement quotidien, entre l’art et la réalité. Le mouvement, l’expansion, la circularité, l’articulation entre géométrique et organique sont aussi des constantes qui animent sa recherche plastique depuis plus de vingt ans. »
En prise directe avec la rue, l’exposition parisienne de Gabriel Orozco est visible à travers les parois vitrées du Centre, de l’extérieur, du côté de la fontaine Stravinsky, dans laquelle baignent les œuvres de Nikki de Saint-Phalle et de Jean Tinguely.
Les oeuvres d’Orozco sont disposées avec la plus grande simplicité, « comme à l’instant de leur création », avant l’incorporation dans « l’appareil muséographique ». Cette rétrospective se présente donc comme dans un atelier, dans un espace unique, les oeuvres reposant sur de simples étals de bois.
La pièce emblématique d’Orozco, « DS » (1993), longtemps exposée au musée d’Art contemporain de Marseille, est une Citroën découpée en trois tranches dans le sens de la longueur. Gabriel Orozco en a ôté la partie centrale dans laquelle nichait le moteur. Expression d’un paradoxe, si la ligne et l’aérodynamisme demeurent idéaux, forcément le véhicule avance moins, et même ne se déplace plus du tout, sauf de musée en exposition...
L’artiste a également soudé ensemble des vélos par leur cadre. L’expression là encore d’une possibilité ou d’un historique de mouvement. Souvenir restant immobile. Décidément ne pourrons-nous plus jamais aller quelque part ?
Cette autre création, le « Toilet Ventilator », vous fera-t-il tout autant réfléchir ? Attachées aux pales d’un ventilateur, de longues bandes de papier hygiénique flottent dans les airs. Prosaïque déroulement de la vie ? Dérision d’un temps qui s’écoule ? Ou matérialisation de l’ « énergie malicieuse, un peu perverse (…) des cycles du temps ».
Dans « Horses Running Endlessly » (1995), jeu d’échecs agrandi, tous les pions sont des cavaliers et le jeu, ainsi subtilement altéré, produit de nouvelles trajectoires, créant sur l’échiquier un motif circulaire.
« Enfin, l’artiste travaille souvent à partir d’objets trouvés, parfois de déchets, qu’il reconfigure, dans une subtile économie de moyens, se décrivant comme un « consommateur de tout ce qui est à portée de main et un producteur de ce qui existe déjà ».
Orozco a ainsi également créé à partir de photos de sportifs anglais piochées dans la presse. Le mouvement accompli sera souligné par des interventions informatiques et des inclusions de sphères et d’ellipses, le résultat obtenu n’étant dépourvu ni d’art ni d’humour…
Centre Pompidou, par la piazza, place Georges Pompidou 75004 Paris 01 44 78 12 33, public handicapé 01 44 78 16 73. Jusqu’au 3 janvier 2011. De 11 à 21h. 12 ou 10€ selon période, tarif réduit 9 ou 8€ selon période.
André Balbo
Sources : Centre Pompidou, Le Figaro, Les Échos

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