Jacques de Vaucanson, un génial inventeur

18 novembre 2011 par Franck Beaumont

En plein siècle des Lumières, Vaucanson incarne le génial inventeur, dont la philosophie est de chercher à faciliter l’activité humaine. Il siège à l’Académie des Sciences et participe à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Originaire de Grenoble, Jacques de Vaucanson (1709-1782) est issu d’une famille de gantiers. Très jeune, il se montre très vite doué pour remettre en marche les montres et mécanismes horlogers des habitants de son quartier. Véritable petit magicien, Vaucanson est capable de réaliser très tôt des pièces horlogères fort complexes. Après avoir suivi à Paris de 1728 à 1731 des études de mécanique, physique, anatomie et musique, il s’essaie d’abord à reproduire mécaniquement les principales fonctions du corps humains, mais sans succès. A partir de 1733, il construit son premier automate, le flûteur automate, qui joue de la flûte traversière. Il s’attaque ensuite à un automate plus sophistiqué, un canard digérateur qui peut manger et digérer, cancaner et simuler la nage ! Cet automate sera exposé en 1744 au Palais-Royal. La reproduction du système digestif de l’animal mise au point par Vaucanson a toutefois suscité pas mal de doutes à l’époque...

En 1741, le cardinal de Fleury le nomme inspecteur général des manufactures de soie. Vaucanson imagine dès lors des machines qui améliorent, grâce à des dispositifs mécaniques, le moulinage de la soie ou le tissage des tissus façonnés. Le métier à tisser qu’il crée en 1745 combine plusieurs de ses recherches : la programmation, la reproduction du mouvement humain et un système ingénieux de navette. Ses travaux ont également permis de mécaniser la manufacture royale de soie de la famille Deydier, près d’Aubenas.

En 1746, Jacques de Vaucanson entre à l’Académie des Sciences. C’est à cette époque qu’il s’installe dans le bel hôtel de Mortagne, rue de Charonne. Cette demeure, appelée également Folie Nourry, avait été construite pour le compte de Jacques Nourry, secrétaire des commandements du roi par l’architecte Pierre Delisle-Mansart en 1661. En 1711, elle fut acquise par le comte Antoine de Mortagne, fils d’un maître de forges liégois, 1er écuyer de la duchesse d’Orléans, qui lui laissera son nom.

Vaucanson installe dans son hôtel ses ateliers et sa machine à tisser. En 1743, il vend tous ses automates, qui ne seront pas conservés. En 1751, Il crée un tour à dévider automatique : c’est le premier grand tour de précision et entièrement métallique. Tout son travail a notamment inspiré Joseph Jacquard, qui créera peu après ses célèbres métiers Jacquard.

A sa mort en 1782, il lègue sa collection au roi Louis XVI, féru comme on le sait de mécanique et de progrès scientifique. En 1783, le roi fonde à l’hôtel de Mortagne le premier musée des Arts et Métiers. Ce sera une des bases du futur Conservatoire et musée des Arts et Métiers qui s’installera en 1794 dans l’ancienne abbaye Saint-Martin (3e arrondissement). Vous pouvez y admirer la célèbre machine à tisser de Vaucanson. Les automates, ainsi que le "canard digérateur", vendus dès 1743, ont hélas disparu au XIXe siècle (on a pu conserver une photographie de son canard automate).

Le magnifique hôtel de Mortagne est quant à lui toujours présent au 51 rue de Charonne, même si un immeuble moderne est venu le cacher de la rue. Il est surtout remarquable par son décor de guirlandes en façade.

Franck Beaumont

Adresse

51 rue de Charonne

Améliorez la pertinence de notre contenu en donnant votre avis, en apportant un complément d'information ou une correction

Qui êtes-vous ?
Votre message
Important : N'oubliez pas de modifier le titre par défaut, c'est votre titre qui sera mis en avant sur le site ...

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dernière modification : par Franck Beaumont - Crédit image : Evous