Le couturier et la société Hermès ont certainement dû faire pleinement confiance à leurs classiques. Dans le célèbre opéra-bouffe d’Offenbach, La Périchole, n’est-il pas chanté à tue-tête que les plus grandes espérances de croissance pour les entreprises ne peuvent que se réaliser, pour peu que leurs capitaux soient en majorité espagnols…Et bien, c’est à la fois vrai et faux ; la maison Puig est certes espagnole… mais elle est surtout catalane.
Le 3 mai 2011, le groupe Puig :
rachetait d’une part les 45% que le malletier Hermès détenait de la maison Jean Paul Gaultier pour 16M€ ;
d’autre part remboursait 14M€ de prêts consentis au couturier ;
enfin remportait 10% des 55% détenus par Jean Paul Gaultier lui-même, mais hélas, chers lecteurs, nous ne sommes pas encore en mesure de révéler pour quel montant…
Chaude journée ! Le troublion de la mode, à 59 ans, voulait développer sa maison, notamment vers l’Asie ? Ce sera possible. Puisque Puig affirme vouloir « accélérer les développements futurs ». Et le couturier restera, avec 45%, non seulement un actionnaire de référence, mais aussi le « maître de la création et de l’image de la société qui porte son nom ». Une petite nuance tout de même, Manuel Puig, vice-président du groupe, prendra la direction de l’entreprise.
L’opération financière aura été menée de bout à bout par la banque d’affaires Aforge Finance qui intervint en conseil.
Puig contrôle déjà Nina Ricci, Paco Rabanne, Prada. Son chiffre d’affaires en 2010 a été de 1,2Md€. Il voulait principalement ce nouveau fleuron pour le parfum Le Mâle, et se dit à ce jour 7e parfumeur mondial.
Le vaisseau amiral « Jean Paul Gaultier » restera-t-il dans le Haut-Marais, face à la Gaîté lyrique, au square Émile Chautan, et au Conservatoire des Arts et Métiers ?
En tout cas, pour l’instant, son siège ne passera pas de Paris à Hong Kong, comme il en fut un temps question…
Mais restera-t-il parisien ? Suspense insoutenable !
André Balbo
sources : Le Parisien, Les Échos, Libération

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