Expositions à Paris 
13 février 2012

En mars, José María Sert, ou un Titan au Petit Palais !

 



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Avec José María Sert, - comme il le fit avec, divine surprise, Jean-Louis Forain -, le Petit-Palais, qui est le musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, ose à nouveau une exposition peu commune, rare et courageuse, sur un autre de ces grands perturbateurs de nos a priori sur le monde de l’art, de ces personnages inclassables, qui font, presque involontairement, par caractère, exploser les genres.

Depuis celle de 1926, au Jeu de Paume, aucune exposition de cette ampleur ne lui a été consacrée à Paris. La monumentalité de l’œuvre de ce peintre-décorateur, et la puissance de sa personnalité avaient fait de Sert un artiste unanimement admiré à son époque. Quand il mourut, son ami Paul Claudel écrivit dans le Figaro : « L’art perd le dernier représentant de la grande Peinture »…

L’exposition « José María Sert, le Titan à l’œuvre (1874-1945) » ouvre les portes de son atelier, pour rendre évidents l’éclat de ce que fut sa vie, la force de son art et l’originalité de sa méthode.

Peintre décorateur espagnol, José María Sert est inlassablement en quête de commandes. Elles sont en général, par leurs dimensions extraordinaires, spectaculaires et les contrats signés, en proportion, fortement rémunérateurs. Fresquiste du hors normes, peintre aux oeuvres titanesques, il travaille pour les élites économiques et politiques du monde entier, pour les milliardaires les plus extravagants de cette première moitié du XXe siècle, dont les Wendel, Rothschild, Rockfeller ou la princesse Polignac ne sont que des exemples parmi d’autres. Ce sera d’abord en Espagne, à Paris, puis plus largement en Europe et aux Amériques. Il est un « baroque moderne », pétri de références à la grande tradition, mais revendiquant l’actualité de son art.

José María Sert épousa en premières noces Misia Sert, la célèbre égérie du Tout-Paris artistique, littéraire et mondain. Il se remaria par la suite avec la « princesse » géorgienne Isabelle Roussadana, fille de Zakharias Mdivani.

Ses réalisations grandioses auront été planétaires. À 24 ans, il se verra confier la décoration de la cathédrale de Vic : donner sens et vie à plusieurs centaines de mètres de murs... Plus tard, il sera chargé de celles de l’hôtel Waldorf-Asturia, puis du Rockefeller Center à New York. Mais aussi du Palais des Nations à Genève (1936) et du musée Carnavalet (salon de danse de Maurice de Wendel, qu’il faut voir) à Paris.

L’atelier (et son organisation) est le fil conducteur (le sien à Paris était villa Ségur, vers le Champ de Mars) qui permet de brosser le portrait d’un artiste aujourd’hui encore controversé et très injustement méconnu. Personnalité incontournable de son époque, Sert se lia d’amitié avec les créateurs, les intellectuels, les chevaliers d’industrie, les mondains les plus en vue, de préférence, et de tous bords. Surtout ceux qui pensaient en extralarge et sans limite.

Il comptait, parmi ses amis proches, la majorité des talents de son époque, que ce fut parmi les musiciens (Albéniz, Stravinsky, Debussy), les peintres (Degas, Denis, Picasso), les écrivains (outre Claudel, Cocteau, et Proust), les hommes politiques (Berthelot, Cambó), ou les femmes et hommes d’affaires un peu border line comme Diaghilev, ou Chanel.

Cette exposition utilise délibérément, pour mieux saisir les spécificités de ses travaux, une approche inédite, qui veut rendre compréhensible une méthode de création originale et en fait rigoureuse. Un décor fini a été exceptionnellement reconstitué. Il côtoie quelque 120 œuvres souvent majeures, de toutes dimensions, allant de panneaux autonomes de taille monumentale (jusqu’à 10 mètres de long et plusieurs mètres de haut), à des esquisses, des photographies de travail et des maquettes.

Documents, photographies personnelles ou intimes, et supports textuels permettront au visiteur de découvrir les coulisses d’un art et d’une vie, ainsi que de comprendre des choix politiques controversés, propres à une époque complexe. Cette exposition entend redonner sa place dans l’histoire de l’art à l’une des grandes figures « parisiennes » de l’art international du XXe siècle. C’est ambitieux et pleinement justifié car il est très injuste que cet artiste soit aujourd’hui si largement ignoré et qu’il n’y ait sur lui encore aucune monographie, ni qu’aucun recensement rigoureux de ses monumentaux travaux, de ses décors de théâtre et de ses peintures si expressives n’ait été accompli, si ce n’est aux éditions de l’Amateur, avec l’ouvrage de Jo Frémontier « José Maria Sert, la rencontre de l’extravagance et de la démesure ».

Petit-Palais, Avenue Winston Churchill 75008 Paris 01 53 43 40 00 José María Sert, le Titan à l’œuvre (1874-1945). Du 8 mars au 5 août 2012 Du mardi au dimanche de 10 à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 20h. Fermé le lundi et les jours fériés. 10, 7,5 ou 5€.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates. Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et vous remercions des suggestions et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

André Balbo

sources : Petit-Palais, Jo Frémontier, Wikipédia


derniere modification: mardi 13 février 2012, par André Balbo, crédit photo : Josep Maria Sert, Le Carrousel, détail, 1923, © Museo nacional de artes decorativas









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