Triste époque. Après le fort désengagement de l’Europe en matière de budget alimentaire pour les plus démunis, l’État ferme Yves-Garel.
Il était programmé depuis 2 ans que le centre d’hébergement d’urgence Yves-Garel (XIe), qui est l’un des deux centres gérés par le SAMU social de Paris, fermerait définitivement le jeudi 30 juin. Cela va se faire alors que c’était le seul ouvert aux femmes isolées.
Le centre Yves-Garel accueillait chaque jour, de 19h le soir à 11h le matin, 57 hommes et 38 femmes. Il est question que les 57 places réservées aux hommes soient compensées par 57 autres places dans le XVe, mais rien ne serait prévu à cette heure pour les femmes.
1 700 places sont proposées à Paris aux femmes en situation d’urgence, dont la population est en augmentation, leur part dans les appels au 115 étant passée de 13,3 en 1999 à 16,7% en 2009 selon une étude de la Ville de Paris.
En fermant ses portes aux femmes, le Samu Social voit sa vocation largement compromise, et se rend coupable d’une discrimination envers une population tout particulièrement vulnérable, négligée depuis des années et aujourd’hui totalement abandonnée, selon Médiapart.
L’État finance le SAMU social de Paris à 92%, et alors que celui-ci avait travaillé sur des solutions de remplacement « aucune n’a été retenue (…) pour des raisons budgétaires ». En 2011, l’enveloppe du SAMU social, selon son président Xavier Emmanuelli, pour ce qui concerne les nuits d’hôtel qui pallient au manque de places en centre d’hébergement a été réduite de 24%. Selon lui : « Benoist Apparu (secrétaire d’État au Logement) ne comprend pas l’urgence sociale ».
Pour les associations et élus de gauche de la Région d’Ile-de-France, la fermeture du centre Yves-Garel illustre le désengagement de l’État en matière d’hébergement et de logement des plus démunis, dénonçant dans un manifeste « la réduction du nombre de places alors qu’il en manque déjà 13 000 dans la région ».
Une rencontre est prévue le jeudi 30 juin entre Benoist Apparu, lesecrétaire d’État au logement, et les associations qui ont signé le manifeste.
André Balbo
sources : Médiapart, Le Monde

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