Et au même moment, la Suisse annonce qu’elle s’en désengage, sans précipitation mais fermement, à l’horizon 2034. Emboîtant ainsi le pas de l’Allemagne.
Après 15 jours d’intenses négociations, un accord a été signé le 24 mai à Bruxelles, afin de cadrer les examens appelés « stress tests », et destinés à vérifier la résistance des 143 réacteurs des centrales nucléaires européennes aux risques de catastrophe naturelle ou d’accident.
Pour les écolos, ces stress tests seraient vraiment « peu stressant pour l’énergie nucléaire ».
Il est vrai que ces évaluations seront menées sur une base volontaire dans les 14 États utilisant le nucléaire civil au sein de l’UE, et Bruxelles ne sera aucunement habilité à demander l’arrêt immédiat d’une centrale jugée trop vulnérable.
Était-il alors bien raisonnable de dépenser dans ces conditions autant de temps, d’énergie et d’argent…
Pour le journal Libération : « Dans le bras de fer qui opposait les pays nucléarisés (France et Royaume-Uni) aux autres (Allemagne, Autriche…), ce sont les premiers qui gagnent, notamment la France qui cherche absolument à éviter que ces stress tests ne fragilisent le consensus régnant dans le pays sur l’atome ».
Dans ces tests, n’a pas été pris en compte non plus le risque terroriste, auquel s’opposaient Londres et Paris.
Les tests démarrent en Europe dès le 1er juin… sauf en France, où ils ont déjà commencé, sous la houlette de l’Autorité nationale de sûreté nucléaire, une sorte d’auto-contrôle…
Quand il a présenté les termes de l’accord passé, le commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger, en était lui-même tout contrit : « Je sais qu’il y avait des attentes au Parlement européen, en Allemagne et en Autriche, mais… ce n’est pas dans mon mandat. »
Pour Yannick Jadot, l’eurodéputé écolo, Günther Oettinger a perdu face aux autorités britanniques et françaises en ne parvenant pas à ce que ces tests soient transparents et indépendants, ni à ce qu’ils prennent en compte tous les critères nécessaires.
De profundis...
André Balbo
sources : Parlement européen, Le Parisien, Les Échos

envoyer par mail
Imprimer la page