Les ministres de l’agriculture de l’Union européenne n’ont toujours pas trouvé l’accord qui reconduirait le programme d’aide alimentaires aux plus pauvres, le PEAD, qui permettait jusqu’à présent de distribuer en France 130 millions de repas par an aux plus démunis.
Initialement le PEAD puisait dans les excédents agricoles européens mais progressivement l’UE dut se fournir en produits alimentaires via le budget de la PAC. Certains pays (l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque, le Danemark et la Suède) ont donc souligné qu’il ne s’agissait plus là de politique agricole mais de politique sociale, et que cet aspect des choses relevait de chacun des États de l’Union.
La Croix-rouge, les Restos du coeur, les Banques alimentaires et le Secours populaire, qui distribuent en France l’essentiel de l’aide alimentaire, ont immédiatement dénoncé cette situation qui "hypothèque l’avenir de millions d’Européens démunis".
En France, cela représente près de 30% du total des 450 millions de repas distribués : pour les Restos du coeur, qui servent par an 107 millions de repas, le quart ; pour pour le Secours populaire, qui en sert 90 millions, la moitié. Quant aux banques alimentaires qui redistribuent aux associations nationales, territoriales ou locales, elles seraient également gravement affectées.
La menace est d’application quasi immédiate puisqu’il s’agit des programmes des années 2012 et 2013.
Un communiqué de Nicolas Sarkozy juge qu’ "il serait inacceptable que l’Europe abandonne les plus faibles de ses citoyens."
La décision est renvoyée... aux calendes grecques, ce qui n’est déjà pas bon signe, mais une telle décision de réduction de budget dans un tel domaine d’urgence sociale persiste à montrer de l’Europe le versant d’une solidarité pour le moins chancelante.
André Balbo
sources : Le Parisien, Libération

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