Les « Savoyards » jouissaient depuis 150 ans d’un monopole de fait à Drouot. On les appelait aussi « cols rouges ». Ils se cooptaient entre eux.
Et depuis quelques mois, il s’en est passé des choses, et des enquêtes, et des découvertes... désobligeantes.
Pour limiter les risques de fraude, la société Drouot holding va maintenant séparer les activités de manutention à l’intérieur de l’hôtel des ventes et le transport des objets acheminés pour le compte des commissaires-priseurs. Les manutentionnaires seront donc désormais contrôlés de près et leurs prérogatives limitées.
Les transporteurs devront être agréés par Drouot.
Autre mesure, des appels d’offres vont très prochainement être lancés auprès de nouveaux prestataires de services pour la manutention et le transport, activités qui jusqu’alors étaient confiées à l’UCHV, surnommés donc les « Savoyards ».
Les candidats devront répondre à une charte de qualité et les contrats seront régulièrement renouvelés.
De plus Drouot s’équipera d’un système de vidéosurveillance dernier cri. Contart signé cette semaine.
Les mesures prises devraient être effectives dès septembre. On ignore encore… si l’UCHV qui travaille actuellement à un changement de statuts, sera en mesure de concourir à ces appels d’offres.
D’importants travaux qui devraient durer près de 3 ans, commenceront en juillet. L’enveloppe de » modernisation de Drouot est de 11,5M€. Les salles seront à l’avenir modulables, les escalators remplacés, il y aura des ascenseurs, électricité et désenfumage (de quoi parle-t-on ?) modernisés.
Pendant les travaux, la justice poursuit son cours. 9 associés de l’UCHV ont été mis en examen pour « vols en bande organisée et recel ».Un commissaire-priseur parisien est également poursuivi, et selon les investigations confiées à l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), la quasi-totalité des 110 commissionnaires a participé de longue date aux vols d’objets et d’œuvres d’art, écoulés auprès d’une dizaine de commissaires-priseurs peu regardants sur l’origine des marchandises.
André Balbo
Source : Le JDD

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