De l’archipel parisien ne subsistent aujourd’hui que les deux plus grandes îles, l’île de la Cité et l’île Saint Louis. Pourtant ces deux îles ont une histoire bien différente. L’île de la Cité, site primitif du peuplement de la ville, siège des pouvoirs civil et religieux, a été profondément transformée par les siècles, mais aussi par les grands travaux d’Haussmann à la fin du XIXème siècle. Pourtant très proche, l’île Saint Louis reste un terrain vague jusqu’au XVIIème siècle.
Appartenant aux chanoines de Notre Dame, elle porte le nom d’Ile Notre Dame jusqu’en 1726. Au Moyen Age, une partie de l’île est isolée par une chenal et porte le nom d’île aux vaches. Campagne en plein cœur de Paris, inondée à chaque crue importante, l’île est pourtant le cadre de grandes cérémonies où se presse la foule des parisiens grâce à un pont de bateaux : Saint Louis y arme chevalier son fils, le futur Philippe III le Hardi ; Philippe IV le Bel ses trois fils.
Tout change avec le grand dessein d’Henri IV pour la ville de Paris : le roi nomme Christophe Marie pour construire un double pont sur l’île Notre Dame, permettant d’attirer les constructeurs.
Louis XIII pose la première pierre du pont en 1614 qui n’est achevé qu’en 1635 et prend le nom de son entrepreneur Marie. Mais il faut aussi élever des quais pour mettre l’île à l’abri des crues, ouvrir des rues, la relier avec l’île de la Cité et indemniser les chanoines de Notre Dame avant de voir l’arrivée de parlementaires, de hauts fonctionnaires, séduits par la proximité de l’île de la Cité, puis de commerçants et d’artisans.
L’île Saint Louis devient alors un modèle de l’urbanisme classique et se couvre de somptueux hôtels particuliers. Elle est encore aujourd’hui d’une grande unité de style et sans doute un des quartiers les plus charmants de Paris.

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