Selon l’étude publiée le 8 décembre 2011 par le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) d’Ile-de-France, 450 000 ménages, soit 9,3% des Franciliens, auraient de graves difficultés à se loger dans la région. Trop riches pour les logements « très » sociaux, ils ne le seraient pas suffisamment pour se loger correctement dans le parc privé.
Ainsi habiter en Ile-de-France n’est-il plus seulement une gageure pour les plus pauvres, mais le serait devenu également pour les ménages à revenus moyens.
Cette étude préconiserait la construction de 100 000 logements en 10 ans pour cette catégorie de population, pourtant centrale pour l’économie francilienne.
Marie-Anne Belin, rapporteuse du rapport, explique : « Nous parlons de ménages avec des revenus moyens de 3 800€ mensuels, c’est-à-dire par exemple un couple (formé) d’un instituteur et une infirmière ».
Parmi ces « revenus moyens », 292 000 avec des revenus mensuels de 3 500€ sont éligibles au logement social, mais en sont exclus mécaniquement parce que les places manquent ou sont déjà occupées par de plus nécessiteux.
« Toute la chaîne est bloquée par manque de logements, notamment en location », souligne-t-elle.
« Ces gens peuvent payer des loyers entre 9 et 11-15€/m2 ou à l’achat payer entre 3 200 et 4 000€/m2, mais il existe un trou dans le parc locatif pour ce type de logements, que nous estimons à 100 000 logements ».
En conséquence, pour se loger ces ménages s’éloignent du centre ou bien s’entassent dans des appartements trop petits, voire quittent l’Ile-de-France. « Or ce sont justement les actifs dont l’économie de la région a besoin ».
Ainsi pour sortir de ce cercle vicieux, les préconisations du Ceser sont :
de construire tout d’abord en zone dense (Paris, ses 29 communes limitrophes, les 39 communes de l’Ouest parisien) ;
de construire ensuite 10 000 logements / an pendant 10 ans, 5 000 dans le social et 5 000 dans le privé, à l’intention de cette population (quelque 1,8Md€ /an).
Enfin le Ceser appelle de ses vœux la création d’une « structure de coordination régionale du logement », qui pourrait être étendue à l’habitat et à l’urbanisme, à l’image de ce qui a été fait pour les transports.
Qu’en diront les maires, souvent assez jaloux de leurs prérogatives en termes de plan local d’urbanisme (PLU) et de permis de construire ?
André Balbo
sources : Ceser, Le Monde

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