En 1928, Bertolt Brecht connaît la gloire grâce à L’Opéra de quat’sous, adapté de L’Opéra des gueux de John Gay dont il conserve la violence satirique envers la société capitaliste. Cet Opéra, genre nouveau de théâtre musical contre la "totale crétinisation de l’opéra", est l’un des premiers jalons du "théâtre épique" théorisé plus tard par Brecht. Son esthétique de la distanciation en rupture avec le théâtre illusionniste va bientôt rayonner sur les scènes occidentales.
La mise en scène de la pièce a été confiée à Laurent Pelly. Parmi la cinquantaine de pièces qu’il a montées en vingt ans, l’art lyrique, représenté notamment par Verdi, Debussy, Offenbach, rivalise avec un vaste répertoire théâtral : Shakespeare, Strindberg, Copi ou Levin avec Funérailles d’hiver joué au Théâtre du Rond-Point (fin 2010). L’Opéra de quat’sous concilie toutes les facettes de ce passionné de théâtre.
L’histoire : Mendiants, voleurs, putains... Plongée haute en couleurs dans les bas-fonds de Soho vers 1900, où brigands et bourgeois s’exploitent, rêvent et s’encanaillent. Peachum, qui fait de la pauvreté son fonds de commerce, s’enrichit sur le dos de faux mendiants s’évertuant à éveiller la compassion des passants. Ces rues sont aussi le domaine de Mackie le Surineur, petit truand aux compétences multiples. Parce qu’il n’est ni charmant ni galant, il séduit, au grand dam de ses parents, Polly Peachum. Les épousailles de pacotille sont organisées à la hâte par la bande de Mackie dans une écurie. Mais le bonheur de la belle ne durera pas, son prince étant livré à Tiger-Brown, chef de la police et meilleur ami de Mackie, par la jalouse Jenny-des-Lupanars.
L’Opéra de quat’sous
Comédie Française
Jusqu’au 19 juillet 2011

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