Ça tombe bien ! Les prix sont exorbitants, le montant des loyers poursuit sa course folle, et... l’élection présidentielle approche.
Cette enquête, donc, a été effectuée du 14 mars au 2 avril 2011 auprès de 1 056 agences sur le scénario unique suivant « aider un jeune membre de sa famille dans sa recherche d’un 2 pièces de 40m2 à louer ». Le dossier du « candidat locataire » répondait aux obligations légales, il gagnait 3 fois le montant du loyer, mais il n’avait pas de garant.
Et bien dans ses conclusions dénonçant des « pratiques bien peu louables », l’association de défense des consommateurs affirme qu’un certain nombre de ces agences ne respectent pas notamment les obligations des informations qui doivent être portées à la connaissance des clients.
Selon elle, près des 2/3 des agences demanderaient des documents strictement interdits comme une attestation d’employeur (46%), celle du précédent bailleur (10%), ou une photo d’identité (10%).
Pour 21% des agences, les honoraires n’étaient pas visibles de l’extérieur (cette obligation a pourtant 20 ans). Depuis 4 mois, il y a obligation d’afficher le DPE (diagnostic de performance énergétique), que seules 72% des agences respectent.
Les locataires acquittent des honoraires qui représentent en moyenne 93% du loyer mensuel hors charge), ce que UFC-Que Choisir juge prohibitif pour la seule rédaction du bail.
Dans 28% des cas, alors même que la situation financière du candidat locataire était donc confortable (3 fois le montant du loyer), l’absence de garant a posé problème.
Ainsi, pour le président d’UFC-Que Choisir, Alain Bazot, « la profession d’agent immobilier est en pleine illégalité et dans une immunité totale ».
Si le président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), René Pallincourt, ne nie pas « le fait que des abus existent (…) cette quête excessive de garanties de la part des agences n’est pas un excès de zèle mais bien pour garantir les bailleurs ».
Afin de répondre à une demande de l’UFC-Que Choisir de fixer de façon réglementée les honoraires, M. Pallincourt « s’insurge » car « cela reviendrait à remettre en cause le principe de la liberté des prix et des services mis en place en 1986 ».
La Fnaim rappelle qu’elle va présenter, lors des états généraux des professions immobilières le 13 septembre, "des mesures en faveur d’une organisation de l’ensemble de la profession, fidèle au respect des intérêts des consommateurs".
Pour le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, le gouvernement préparerait des mesures, non détaillées, « pour protéger les consommateurs et soutenir ceux des professionnels qui s’engagent sur la qualité du service rendu ». S’il s’agissait initialement du projet de loi du ministère de la Justice sur les professions immobilières, qui prévoyait la création d’un ordre chargé de la déontologie qui exclurait par exemple les membres indélicats, celui-ci ne sera très certainement pas en mesure d’être examiné par le Parlement avant… l’élection présidentielle de 2012, selon le journal le Monde.
André Balbo
sources : UFC-Que Choisir, Le Monde

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