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26 avril 2012

HOTEL PAÏVA : L’ascension d’une courtisane au XIXe siècle : la marquise de la Païva

  • adresse

    25 avenue des Champs-Elysées

  • transport

    Métro Franklin D. Roosevelt

 


2 contributions

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La marquise de la Païva (1819-1884) fut probablement la plus célèbre courtisane à Paris sous le Second Empire.Le très bel hôtel de la Païva, de style éclectique, situé au n° 25 de l’avenue des Champs-Elysées, témoigne encore aujourd’hui du luxe dans lequel elle a vécu. Récit de l’ascension fulgurante d’une des plus belles femmes de son époque.

Esther Lachmann est née à Moscou en 1819 de parents juifs polonais vivant humblement. Fuyant la misère, elle épouse tout d’abord un modeste tailleur français, Antoine Villoing, qui l’emmène vivre à Paris ; elle en profite pour changer de prénom et se faire appeler Thérèse, sonnant mieux français. Elle se lie au pianiste mondain Henri Herz dont elle devient la maîtresse et fait ainsi connaissance des élites parisiennes : Franz Liszt, Richard Wagner, Emile de Girardin ou encore Théophile Gautier. Sa "carrière" est lancée...

Séparée de son mari, elle s’expatrie d’abord à Londres où elle séduit plusieurs aristocrates britanniques. En 1848, elle revient à Paris et épouse en 1851 un riche Portuguais, le marquis Aranjo de la Païva. Bien naïf, celui-ci fut vite échaudé puisque dès le lendemain de leur nuit de noce, elle lui fit comprendre qu’elle ne serait plus jamais à lui. Cet homme devait être absolument fou d’elle puisqu’il lui offre néanmoins une belle demeure située au n° 28 place Saint-Georges (9e arrondissement) ; il s’agit d’un bel hôtel de style troubadour, construit par Edouard Renaud, où elle s’installe de 1851 à 1852.

A la même époque, elle s’entiche d’un aristocrate prussien très fortuné, le comte Guido Henckel von Donnersmarck, cousin de Bismarck, qu’elle finira par épouser en 1871 une fois son mariage annulé. Elle va copieusement profiter des largesses de son protecteur... Grâce à la fortune de celui-ci, elle se fait construire un magnifique hôtel, situé au n° 25 des Champs-Elysées, qui prendra le nom d’ hôtel de la Païva. Construit par l’architecte Pierre Manguin entre 1856 et 1866, c’est un véritable chef-d’oeuvre du style Napoléon III : de style éclectique, c’est un pastiche de la Renaissance.

A l’intérieur, le rez-de-chaussée est dévolu aux pièces de réception, avec un plafond de Baudry dans le grand salon. Dans la salle à manger, le décor est confié à l’ébéniste Kneib, avec des bas-reliefs de Dalou. L’escalier est recouvert d’onyx. La chambre de la maîtresse de maison, à l’étage, est dotée d’une somptueuse cheminée en malachite verte avec une sculpture d’Albert Carrier-Belleuse. Pour ce qui est des décors peints, la Païva fait appel à Jean-Léon Gérôme, Antoine Hébert. Le mobilier fut exécuté par de grandes maisons : Winckelsen et Kernst. Cet hôtel est aujourd’hui bien visible même si un bâtiment en rez-de-chaussée sur l’avenue, ancien bureau de change devenu un restaurant branché ("La Païva") décoré par Jacques Garcia en masque la façade. Il appartient aujourd’hui à un cercle privé, le Travellers’ club, qui veille à l’entretien de son décor intérieur.

Mais l’appétit de la marquise ne s’arrêta pas là... En 1857, elle fait acheter à Donnersmarck le somptueux et imposant château de Pontchartrain dans les Yvelines, datant du XVIIe siècle, édifié pour les Phélypeaux. C’est à nouveau Pierre Manguin qui le restaure. Elle y reçoit nombre de personnages politiques comme Gambetta.

Mais la Païva cultive également un amour extravagant pour les bijoux... Certains de ses bijoux supplantaient en beauté, dit-on, ceux de l’impératrice Eugénie. Les plus célèbres sont les fameux diamants jaunes dits diamants "Donnersmarck", que son amant lui offre : des pierres d’un jaune exceptionnel, l’un de 82 carats, l’autre de 102 carats... Restés longtemps dans la descendance des Donnersmarck, ils sont d’ailleurs passés en vente chez Sotheby’s Genève en mai 2007 et ont atteint les sommes colossales de 3,5 et 5 millions de francs suisses.

Soupçonnée d’espionnage au profit de la Prusse, La marquise de la Païva dut tout de même quitter la France en 1877 et se retira au château de Neudeck en Silésie où elle décéda en 1884. Un destin vraiment hors du commun.

Franck Beaumont.

Sources : Guide du Promeneur Paris 8e, guide du Patrimoine, Sotheby’s

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26 avril – Dernière contribution

HOTEL PAÏVA : L’ascension d’une courtisane au XIXe siècle : la marquise de la Païva

Merci Monsieur pour cette précision, je vais essayer de trouver le vrai portrait de la Païva et je retire celui-ci en attendant. Effectivement, c’est un surnom qui ne manque pas de clarté...

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25 avril – HOTEL PAÏVA : L’ascension d’une courtisane au XIXe siècle : la marquise de la Païva


2 Contributions

  • HOTEL PAÏVA : L’ascension d’une courtisane au XIXe siècle : la marquise de la Païva 25 avril 21:03, par pierre jacob
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    une petite précision le portrait présenté comme celui de la Païva (surnommée à l’époque qui paie y va !!) est en fait celui de la seconde épouse du comte Henckel de Donnersmarck

    Répondre à ce message

    • HOTEL PAÏVA : L’ascension d’une courtisane au XIXe siècle : la marquise de la Païva 26 avril 19:46

      Merci Monsieur pour cette précision, je vais essayer de trouver le vrai portrait de la Païva et je retire celui-ci en attendant. Effectivement, c’est un surnom qui ne manque pas de clarté...

      Répondre à ce message


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derniere modification: mercredi 26 avril 2012, par Franck Beaumont, crédit photo : Evous/ Sotheby's
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