Il leur aura fallu une semaine de plus qu’à Chantal Jouanno pour comprendre…
Après l’abandon de la taxe Carbone sine die, la Fondation Nicolas Hulot a décidé lundi 29 mars de claquer la porte du Grenelle de l’environnement en suspendant sa participation aux groupes de travail mis en place par le gouvernement, pour « bilan insuffisant ».
Sonné par cette « très mauvaise nouvelle », le WWF a demandé au président de la République d’organiser « dans les plus brefs délais une réunion pour confirmer réellement (confirmer tout seul n’aurait pas suffi) les engagements du Grenelle ».
En réaction Jean-Louis Borloo a appelé à « rebâtir le consensus ».
« Dans ce gouvernement, comme dans d’autres partis politiques, la conversion à l’écologie n’est trop souvent qu’opportuniste » a déclaré la Fondation, qui déplore que l’environnement ne soit pas « une priorité de l’action publique ».
La Fondation estime que le pacte écologique signé par Nicolas Sarkozy à la veille de la présidentielle n’est « plus respecté » et que l’abandon de la taxe carbone marque « une rupture des ambitions françaises en matière de protection de l’environnement ». La FNH conclut enfin avec lucidité que « la classe politique, à droite comme à gauche, n’a pas pris la mesure des enjeux écologiques, et les considère essentiellement comme une variable d’ajustement politique » (et électoral ?).
Souhaitons qu’il s’agisse bien là de la fin de la période naïve de la Fondation Nicolas Hulot, décidée apparemment à « s’orienter vers plus d’efficacité ».
Sa lettre ouverte a ainsi été adressée aux 750 000 signataires du Pacte pour inventer avec eux « de nouvelles formes d’action plus proches des acteurs du changement ».
Dorénavant il devient ainsi évident pour beaucoup que ses sujets-là, comme les autres, n’avanceront en politique que selon la dure loi du rapport de forces. Ainsi la compétence, largement reconnue, des experts de la FNH serait-elle bien davantage efficace et à sa place, disons… dans une sorte de vaste « coopérative (de l’écologie) politique ». Vous ne croyez pas ?
André Balbo
Sources : Le Monde, Le Parisien

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