Inauguré en 1862, le Théâtre de la Gaîté Lyrique est associé pour les parisiens au spectacle vivant. Des opérettes d’Offenbach aux récitals de Luis Mariano, les créations populaires s’y sont succédées. Ce théâtre est notamment connu pour avoir accueilli les ballets russes de Diaghilev (décors de Picasso et livrets de Cocteau), les créations de Robert Wilson ou de Patrice Chéreau.
En 1974, le lieu est confié à Silvia Monfort qui y crée le premier centre culturel dédié aux arts de la rue. En 1989, le parc d’attractions planète magique prend possession du bâtiment, pour une exploitation vite interrompue. C’est le 2 mars 2011 que la nouvelle Gaîté Lyrique, entièrement transformée, ouvrira ses portes au public.
Après plus de vingt ans de fermeture, la Ville de Paris décide, sous l’impulsion de Bertrand Delanoë, d’y implanter un lieu dédié aux cultures numériques.
Repensée par l’architecte Manuelle Gautrand, la Gaîté Lyrique se tourne vers le futur. Conservant sa façade et son foyer historiques, l’édifice est désormais également équipé d’un matériel à la pointe de l’innovation. Il devient une plateforme évolutive, un outil technologique modulable aux tons neutres, ponctué de mobilier coloré.
Selon l’architecte, Manuelle Gautrand, il s’est agi de faire de ce lieu unique, de cet ancien théâtre à l’italienne du XIXe où joua Offenbach, un espace résolument moderne et ouvert, décomposé en emboîtements, et épanoui pour la liberté et l’adaptabilité. On « a conçu l’espace comme des poupées russes, des "boîtes dans la boîte" ».
Chacune des trois salles (de 70 à 750 places), appelée à recevoir concerts, projections et performances, bénéficie d’une parfaite isolation phonique, ce qui constitue une garantie supplémentaire de plaisir et de confort, aussi bien d’ailleurs pour les auditeurs-spectateurs que pour les riverains. Chaque espace, chaque détail de ce bâtiment est actuel et tendu vers l’avenir, à l’exception notable de la splendide salle du foyer, replacée dans son jus « XIXe », et surplombant de ses larges baies le square Émile Chautemps. Lors des États Généraux de la Nuit, l’ouverture nocturne de la Gaîté Lyrique et de ce petit square a été évoquée. La mission de la Gaîté Lyrique sera de lancer Paris et donc la France, après l’Allemagne, la Hollande et le Japon qui prirent un peu d’avance, dans une sorte de Recherche & Développement en art qui n’existerait pas encore chez nous. D’offrir enfin une chance d’expression aux artistes, avec cette incroyable boîte à outils, faite de moyens technologiques qui tenteront, la tâche ne sera pas facile, de rester constamment aux extrêmes avancées des progrès.
Afin de mener à bien ce projet, la mairie de Paris a choisi la formule d’une délégation de service public de 7 ans, qu’elle a confiée à Naïve (Patrick Zelnik), au Troisième Pôle (Steven Hearn), et à l’INEO, une filiale de GDF-Suez. La direction et la programmation en seront assumées par Jérôme Delormas, qui dirigea la Scène nationale de Valence. Ainsi, avec cet attelage, la Gaîté Lyrique deviendra-t-elle la scène de la création en mouvement de notre époque.
La Gaîté Lyrique hébergera aussi temporairement les créateurs, de toutes les pratiques artistiques actuelles, qui logeront dans les étages supérieurs d’où les vues sur Paris sont magnifiques.

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