Son président Pierre Mongin a déclaré lundi : « La RATP a l’obligation absolue, pour assurer sa pérennité, de se projeter hors de l’Ile-de-France. (…) C’est (de plus) la volonté de l’État-actionnaire ! »
Avec la fin annoncée de son monopole en Ile-de-France (2039 pour le métro parisien notamment), la RATP va à terme perdre des parts de marché, d’où cette impérieuse obligation de sortir de son terrain de chasse habituel.
Si depuis sa fondation, en 1949, la RATP s’était cantonnée à Paris et à sa banlieue, ses ingénieurs se sont déjà par le passé illustrés dans la conception de métros en province et à l’étranger, comme à Toulouse et à Montréal. En matière d’exploitation de réseaux, son coeur de métier, l’entreprise publique avait remporté le projet d’Annemasse (Haute-Savoie) en 2002, et celui de La Roche/Yon l’an dernier.
En 2010 les activités non franciliennes du groupe, regroupées dans la filiale RATP Dev, vont connaître une croissance spectaculaire. Deux projets se sont enfin concrétisés à l’étranger et, depuis le 14 février, la filiale exploite le nouveau tram de Florence. Début juin, elle sera aux commandes du Gautrain, sorte de ligne de RER reliant Johannesburg à son aéroport qui devrait par la suite être prolongée jusqu’à Pretoria.
En Asie, la RATP et Veolia Transport, ayant mis en commun leurs intérêts, exploitent ou exploiteront des métros à Séoul et à Bombay, des bus à Nankin, et de vénérables tramways à impériale à Hong Kong. Pour M. Mongin, il ne s’agirait là que « de points d’ancrage pour tester le marché ».
Mais l’activité de RATP Dev va surtout s’enrichir d’ici la fin de l’année d’une douzaine de réseaux de province, en France et à l’étranger, repris à Transdev et à Veolia Transport. Ces deux groupes, en voie de fusion, doivent en effet céder plus de 400M€ de leur CA contre les 25,7% de Transdev que détient la RATP, qui exploiterait ainsi prochainement les bus de Bourges, de Vierzon, comme ceux de Gênes en Italie.
Les personnels doivent être informés, ainsi que les élus, autorités organisatrices concernées, et bien sûr les autorités de la concurrence. Certains de ces élus ont un peu renâclé, mais les accueils ont été « dans l’ensemble positifs », même s’il y a un peu d’étonnement « à voir la RATP avec le P de Paris débarquer en province. Le P parisien est très valorisant à l’étranger. Mais en province, on ne voit pas toujours très bien ce que nous pouvons leur apporter. Je suis très confiant que nous pourrons les convaincre sans difficulté que le choix de la RATP n’est pas un mauvais choix ! »
En conclusion, pour M. Mongin, le groupe s’imposera sans peine, car le marché français des transports en commun se partage essentiellement, pour l’instant, entre Veolia et Transdev, en voie de fusion, et Keolis, filiale de la SNCF.
André Balbo
Sources : Le Parisien, la RATP

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