Sur ce sujet hautement sensible, sur lequel les politiques actuels s’expriment en général avec des effets d’annonce, les chiffres donnent souvent matière à interprétations multiples, débats contradictoires, expressions polémiques, et autosatisfaction, le plus souvent infondée.
Selon un sondage IFOP réalisé par téléphone auprès de 957 personnes pour France-Soir les 22 et 23 juillet 2010, 59% des Français considèrent que la délinquance a augmenté en France ces derniers mois, même si 84% se sentent en sécurité à titre personnel.
Pour 32%, elle aurait « beaucoup » augmenté, pour 27% « un peu », 36% la trouve « stable ». Ils ne sont que 4% à juger qu’elle aurait régressé, dont 3% « un peu », et 1% « beaucoup ». 1% ne se prononcent pas.
Parmi ceux dont l’impression est que la délinquance aurait augmenté, la tranche des 65 ans et + que le pourcentage le pense à 72%. En segmentant selon les CSP (catégories socioprofessionnelles), les retraités arrivent en tête avec 68%, devant les ouvriers (66%).
En segmentant par grandes régions, le sentiment d’une augmentation de la délinquance est le plus fort dans le Nord-Est avec 68% des personnes interrogées, de 51% en Région parisienne et de 48% dans le Sud-Ouest.
Une bizarrerie apparaît dans les réponses faites à la question « vous personnellement dans votre vie quotidienne, vous sentez vous en sécurité ? ». 84% répondent « oui » (79% d’ouvriers et 88% de cadres). Les Français ne se sentant pas en sécurité dans leur quotidien ne seraient que16%, sauf quand ils sont sympathisants du Front national, où ce sentiment devient majoritaire (53%).
C’est dans ce climat, et sur ce sujet très travaillé personnellement par Nicolas Sarkozy, que l’adjoint (MRC) à la sécurité de la mairie de Paris, Georges Sarre, s’est étonné de la disparition nette et brutale des chiffres de la délinquance. Il était pourtant devenu de tradition que chaque mois la préfecture de police communique l’état de la délinquance à Paris, par nature de délits : cambriolages, atteintes aux personnes, vols, crimes, etc…Un comparatif pouvait alors être dressé avec les années précédentes, mois par mois (saisonnalité), et année par année. Depuis début 2010, plus rien ne vient.
Georges Sarre, s’étonnant de ne rien recevoir depuis plus de 6 mois, a adressé des courriers au préfet de police Michel Gaudin pour lui demander les chiffres manquants.
Si l’Observatoire national de la délinquance, organisme totalement indépendant, supposé apporter transparence et sérieux aux statistiques, fournit bien des éléments, ceux-ci ne correspondent pas du tout aux besoins de la Ville de Paris. Il n’y a pas les statistiques mensuelles sur Paris, et encore moins par arrondissement. L’OND publie une étude annuelle, et pour connaître les chiffres de 2010, il faudra attendre début 2011 !
Même si les commissariats continuent de donner des chiffres régulièrement aux mairies d’arrondissement, pour la mairie de Paris ce nouveau fonctionnement est « préjudiciable à sa politique de prévention. Ces chiffres révisés, mois par mois, sont indispensables pour ajuster nos politiques, affecter nos équipes aux bons endroits, agir dans les bons domaines ».
Selon les derniers éléments, la délinquance générale à Paris aurait augmenté de 0,4% sur les 12 derniers mois.
André Balbo
Sources : Ville de Paris, Le Monde, Le Parisien, Ifop, France-Soir

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