Une étude internationale, menée sous la conduite des Instituts nationaux de la santé (NIH) américains, aurait démontré dans ses résultats intermédiaires que la prise d’un traitement anti-rétroviral pour le VIH par une personne séropositive pendant que son système immunitaire est encore en bon état freine fortement la transmission du VIH au partenaire.
Cette étude, dont ces résultats ont été communiqués le 12 mai par les NIH, a été réalisée sur 1 763 couples séro-discordants (l’un des partenaires est séropositif, l’autre séronégatif), dont 97% étaient hétérosexuels, et originaires de 8 pays d’Afrique, d’Asie, et d’Amérique latine, ainsi que des États-Unis.
Seuls les couples dont les partenaires séropositifs possédaient un taux de lymphocytes CD4 assez élevé (compris entre 350 et 550 cellules par mm3) ont été inclus dans l’essai.
Bien qu’ils ne soient pas encore considérés comme éligibles pour un traitement (selon les directives de l’OMS), les séropositifs du premier groupe ont commencé à prendre la thérapie anti-rétrovirale dès le début de l’étude, de façon préventive.
Dans le second groupe, les recommandations de l’OMS ont été suivies, le traitement n’étant administré que lorsque le taux de lymphocytes CD4, cellules cibles du virus, chutait (moins de 200 à 250 cellules par mm3), ou lorsque les premières maladies liées au Sida se développaient.
La protection n’est pas absolue : on observe un cas d’infection malgré un traitement immédiat pour 27 cas de transmission avec un traitement différé, ce qui représenterait une réduction de 96% des risques de transmission, et non de 100%.
En plus de ces résultats très encourageants, la prise d’un traitement anticipé permettrait également de réduire significativement les risques de tuberculose extrapulmonaire (17 cas contre 3), mais pas les décès (13 contre 10).
L’Onusida et la communauté des chercheurs saluent l’importance de ces résultats, mais soulignent que la protection est incomplète. La thérapie anti-rétrovirale préventive ne dispense donc pas du port du préservatif.
L’OMS (l’Organisation mondiale de la santé) a considéré que la prévention contre l’infection par le virus du Sida serait l’une de ses ambitions majeures. Elle a donc accueilli avec enthousiasme les bons résultats de cette étude quant à l’efficacité du traitement anti-rétroviral de prévention dans la diminution des risques de transmission au partenaire.
Des résultats d’études précédentes menés en Afrique comme en Thaïlande avaient établi une corrélation entre la charge virale sanguine du VIH et la transmission, où plus la concentration en virus est élevée, plus les risques de transmission sont grandes.
D’un autre côté, la thérapie anti-rétrovirale réduit la charge virale dans le sang, et la réduit également au niveau des sécrétions génitales, quel que soit le sexe (dans les sécrétions vaginales, cervicales et dans le sperme). L’ensemble de ces données avaient mené les scientifiques à supposer que le traitement pourrait diminuer la contagion des personnes séropositives.
Les résultats de cette étude conduite par les Instituts nationaux de la santé (NIH) américains sont si significatifs aux yeux des scientifiques, qu’ils ont pu être communiqués 4 ans avant sa fin, initialement prévue en 2015. Les couples seront encore néanmoins suivis sur une durée minimale d’un an supplémentaire.
Selon le communiqué de l’Onusida, « la mise à disposition du traitement de prévention va non seulement encourager les personnes à effectuer un dépistage sur le VIH, mais également les inciter à révéler leur statut sérologique, à discuter des options de prévention anti-VIH avec leur partenaire et à se rendre dans les services centraux anti-VIH ».
L’OMS et l’Onusida désirent maintenant rendre accessible ce traitement de prévention à toutes les personnes qui souhaitent l’utiliser.
André Balbo
sources : Le Monde, futura-sciences.com

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