La batellerie aussi est en crise aujourd’hui, alors qu’elle devrait être fortement encouragée, notamment pour des raisons environnementales !
Depuis dimanche, le transport fluvial sur la Seine est bloqué. Seuls les bateaux-mouches de Paris effectuent leurs petites boucles. Plus aucune péniche ne circule entre Le Havre et Paris, les quelque 250 bateaux des mariniers du Bassin parisien faisant barrage sur le fleuve à Conflans-Sainte-Honorine, leur place forte, et à la hauteur du ministère des Finances à Bercy.
Les mariniers, dont 90% sont des artisans, dénoncent la chute de leur chiffre d’affaires, et l’envolée du prix du gazole. Ils réclament l’instauration d’un seuil minimum de rentabilité, et une lisibilité du système de facturation appliqué par les intermédiaires que sont les courtiers en fret, ceux qui négocient directement les prix.
« À titre d’exemple, quand le client paye 24€ la tonne de céréales, nous ne percevons que 5 à 8€, raconte Marc Dumont, qui est à la tête d’un vraquier de 1 200 tonnes. En fait les affréteurs, qui sont nos intermédiaires, font non seulement la pluie et le beau temps sur les tarifs, mais aussi sur la répartition des commandes ».
De plus les réglementations européennes semblent privilégier la batellerie des pays du Nord par défaut d’harmonisation !
Les mariniers, organisés dans le syndicat « La Glissoire », seraient reçus mercredi au ministère des Transports. Ils réclament l’organisation d’une table ronde qui réunirait clients, courtiers et mariniers.
Penseront-ils à faire suffisamment valoir l’exceptionnel intérêt environnemental avéré qu’offre leur profession, et la nécessité impérative qu’il y a pour le pays, la Région et la Ville de Paris à ce qu’elle puisse, non pas seulement vivoter, mais se développer ?
Jean-Louis Borloo, ministre d’État de l’Environnement, Jean-Paul Huchon, président de la Région Ile-de-France, Bertrand Delanoë, maire de Paris, et… Michel Rocard, longtemps maire de Conflans-Sainte-Honorine, capitale nationale de la batellerie, sauront-ils réagir et apporter à temps leurs efficaces soutiens ?
André Balbo
Source : Le Parisien

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