Jeudi 16 décembre, le docteur Philippe Charlier, médecin légiste et paléopathologiste, donnera une conférence de presse au Grand Palais à Paris. Accompagné de Jean-Pierre Babelon, historien spécialisé et président de la société Henri IV, il y annoncera avoir retrouvé et authentifié la tête du Vert Galant, qui fut, comme chacun sait, assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie à Paris. L’emplacement y est bien marqué au sol.
Philippe Charlier, qui n’a que 34 ans, s’est déjà bâti une solide réputation en établissant par exemple qu’Agnès Sorel, la favorite de Charles VII, avait subi un empoisonnement au mercure, ou que les 10cm de côte conservés au château de Chinon n’étaient pas attribuables à Jeanne d’Arc.
Mais remontons au 29 juin 1610. Obsèques d’Henri IV, dont la dépouille rejoindra à la basilique Saint-Denis le 1er juillet de la même année celles des rois de France. La Révolution française apportera quelques désordres. Les sépultures seront mises au jour, celle de Henri IV en 1793, et un coup de sabre intempestif décollera méchamment la tête du Béarnais.
La macabre relique passa certainement de mains en mains, d’amateurs en collectionneurs, jusqu’à se retrouver proposée à la vente lors d’enchères publiques à Drouot le 31 octobre 1919, et achetée 3F par un antiquaire de Dinard. Le brave homme la proposa au Louvre, qui déclina l’offre.
Ce crâne momifié était resté d’assez belle apparence. Non pas tant que le Béarnais avait toujours su rester particulièrement soigneux de sa personne, mais parce que l’état de conservation de cette tête était bon.
Selon le British Medical Journal : « Elle est légèrement brunie, avec les yeux à demi clos et la bouche ouverte ». Elle porte quelques signes distinctifs, dont « Une petite tache sombre de 11mm de long juste au-dessus de la narine droite, un trou attestant du port d’une boucle d’oreille dans le lobe droit, comme c’était la mode à la cour des Valois, et une lésion osseuse au-dessus de la lèvre supérieure gauche, trace d’une estafilade faite au roi par Jean Châtel lors d’une tentative de meurtre le 27 décembre 1594. »
Joseph-Émile Bourdais a toujours eu la conviction que cette tête était bel et bien celle d’Henri IV, sans jamais être tout à fait parvenu à le prouver. Elle fut confiée à l’équipe de Philippe Charlier, qui s’entoura de 19 scientifiques d’excellente réputation.
De nombreuses réponses seront apportées à cette conférence de presse du Grand Palais. Qui conservait cette tête depuis la mort de l’antiquaire en 1947 ? Comment l’a-t-on retrouvée ? Dans quel état était-elle ? Qui en aura dorénavant la garde ?
Jean-Pierre Babelon a publié « Henri IV », chez Fayard (2009).
André Balbo
sources : British Medical Journal, Le Monde, Sud Ouest, Jean-Pierre Babelon

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