« A New York, 15 chefs ont constitué une escorte motorisée, la « Beaujolais Biker Brigade », qui accompagnera l’arrivée du Beaujolais nouveau dans le très célèbre restaurant de David Bouley, dans Lower Manhattan », s’enthousiasme l’Inter Beaujolais, qui représente vignerons et négociants français.
« Le Beaujolais nouveau, c’est un prétexte à la fête ! », dit Franck Duboeuf, de la maison Georges Duboeuf, le plus grand négociant de Beaujolais à l’export. Lui-même sera à New-York jeudi pour l’évènement.
Le budget publicitaire d’Inter Beaujolais est de plus d’un million et demi d’euros, dont un tiers pour le Japon, premier importateur de Beaujolais nouveau.
A Tokyo, les écrans installés dans le quartier branché de Roppongi lanceront le compte à rebours jusqu’à jeudi 00h01, heure rituelle de l’ouverture des bouteilles chaque troisième jeudi de novembre.
Mais, loin de l’optimisme affiché des professionnels du Beaujolais, dont la récolte a été sérieusement amputée cette année par de mauvaises conditions météorologiques, d’autres experts disent leur crainte d’un recul des ventes, encore accentué cette année par la crise financière et un marché du vin en repli.
Déjà en 2007, les exportations de Beaujolais nouveau ont baissé sur un an de -21,4% en volume, avec un peu plus de 17 millions de bouteilles exportées, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS). La baisse a été encore plus marquée au Japon (-28%).
Cette année, le mouvement devrait se poursuivre car « les deux principaux débouchés que sont les Etats-Unis et le Japon sont moins enclins à faire la fête autour du Beaujolais nouveau », explique Renaud Gaillard, de la FEVS.
« A moins que le contexte économique difficile ne bénéficie aux vins d’entrée ou de milieu de gamme comme le Beaujolais nouveau », dont les prix vont d’une poignée d’euros en France à 3000 yens (25 euros) au Japon, tempère-t-il. Alain Albert, œnologue lyonnais, souligne quant à lui le problème d’« image », notamment en France, du Beaujolais nouveau, « un vin auquel on demande plus qu’il ne peut donner ». « Le Beaujolais nouveau n’est pas un grand vin. Mais il est flatteur, c’est un vin de fête », confirme-t-il, tout en soulignant un possible phénomène d’« usure » de la résonance médiatique. Avec le risque d’en faire trop, comme cette livraison -très hollywoodienne- prévue par hélicoptère jeudi dans un hôtel de Las Vegas…
Article publié par le magazine Gastronomie

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