Il n’y a pas plus de pingouins à Pékin que de mouettes à Papeete. Rien de tel que des p’tites phrases amusantes pour se dégourdir les maxillaires avant de boulotter. Ici, la nappe en est couverte. Des brèves manuscrites à lire entre la salière et la carafe, des maximes à deux sous grossies par l’effet loupe d’un verre à pied... Autour, ça cause et ça papote. Beaucoup de quadras, des gens installés dans la vie, relax, complices, et soucieux de manger sain à considérer la carte et les menus. La bonne parole - pour être en forme, il faut manger 5 fruits et légumes par jour -, semble scrupuleusement appliquée ici.
Nous nous sommes laissés tenter par une soupe de tomates fraîches, correctement moulinée, au ph assez bas (acidité à déconseiller aux estomacs sensibles) ; suivie de penne bien al dente, pas trop grasses, agrémentées de légumes coupés en brunoise et cuits minute. Le tout arrosé d’un verre de Rioja très agréable à siroter. En revanche, le baba bouchon, sans rhum, servi au dessert était quelconque. Résumons : une cuisine saine et de saison, un bon rapport qualité-prix, un personnel (féminin) souriant et efficace, une ambiance feutrée, un asile confortable et boisé, idéal lorsque l’on cherche à s’abriter des giboulées (notre visite a eu lieu en mars).
Que viennent faire ces Pingouins sur l’enseigne ? Réponse de notre hôtesse sans doute un peu lasse d’avoir à s’en expliquer derrière son comptoir : « Nous ne savions pas comment appeler le bistrot. Pingouins est le fait du hasard ».

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