Le Canard Enchaîné a été sélectionné pour recevoir le 6 mai le prix Henri Nannen de la presse, du nom du fondateur du magazine allemand Stern, dans une catégorie saluant l’engagement particulier pour la liberté de la presse. Le prix serait remis par le groupe de presse Grüner+Jahr, propriétaire du magazine.
Pour quelles raisons ? Simplement pour avoir bien fait, avec conscience, constance et soin du détail, son job d’hebdomadaire satirique comme pour avoir donc mis en lumière de nombreux "dysfonctionnements" en France, selon le Stern. Il est vrai que le terrain chez nous était exceptionnellement fertile et propice à l’exercice.
L’hebdomadaire satirique, créé en 1915, est diffusé aujourd’hui à près de 700 000 exemplaires. Il n’a aucune publicité, et parvient pourtant à faire pâlir d’envie l’ensemble de la presse en France en publiant chaque année un vigoureux bilan financier.
Il est plus que probable que, fidèle à ses habitudes et à sa méfiance bien enracinée des honneurs, des compromissions, et des pouvoirs dans leur ensemble, le Canard Enchaîné, bien qu’immensément ému, se voit contrit mais contraint de refuser ce prix.
Claude Angeli, le rédacteur en chef du Canard adressera très certainement poliment ses remerciements pour cette récompense, mais expliquera aussi les raisons pour lesquelles il ne l’acceptera pas.
André Balbo
sources : Stern, Les Échos, Le JDD

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