On peut imaginer, même si cela paraît un peu simplificateur, que si la circulation automobile à Paris était réduite de 10%, 20%, ou 30%, cela aurait des conséquences bénéfiques observables sur la qualité de l’air que nous respirons dans la capitale et sur notre santé d’une part, mais également sur la fluidité du trafic résiduel dont celle des transports collectifs.
Aussi curieusement que cela puisse paraître, ces hypothèses n’ont pas encore été précisément modélisées pour Paris. Les gains dans les exemples de diminutions énoncés n’ont pas été quantifiés. On ne sait pas de combien serait réduite la présence des différentes microparticules, ni celle du CO2, ni celles des autres cochonneries que nous respirons abondamment et avec délices aujourd’hui.
Nous ne pouvons donc qu’observer avec curiosité les quelques expériences de péages urbains installés dans des capitales étrangères. Ainsi, selon le journal Le Monde depuis 2003 à Londres la circulation automobile a été diminuée de 15%. De notables gains sont mesurables. 16% de CO2 de moins, en moyenne annuelle par rapport aux « années d’avant péage ».
À Stockholm, la circulation a été réduite de 10 à 15%. Les principaux éléments polluants dans l’air l’ont été sensiblement dans les mêmes proportions.
Singapour sur le sujet fait figure de pionnière. Elle instaure dès 1975 une zone à péage, et obtient, progressivement, de réduire la circulation jusqu’à 76% aujourd’hui !
Dans la roue de ces premiers exemples, l’adoption d’un péage urbain progresse, notamment dans des agglomérations d’Italie et d’Allemagne. À Berlin, depuis 2008, le centre-ville est interdit aux véhicules dont l’échappement serait trop « carboné ».
Malgré ces résultats encourageants, et bien qu’un amendement à la loi dite « Grenelle 2 » ait été déposé pour les villes françaises de plus de 300 000 habitants les autorisant à créer de tels péages, les maires concernés restent pour le moins extrêmement réservés sur cette question. Selon le quotidien la Tribune, ce projet fixerait le prix maximum du péage à 40 euros / jour ou à 10 euros / h. Que cela se vérifie ou pas, la loi dite « Grenelle 2 » devrait être présentée en conseil de ministres début novembre.
Pour mémoire, notons que seraient concernées les villes de Paris, Lyon, Marseille, Nice, Lille, Nantes, Strasbourg, Toulouse.
Pour Annick Lepetit, adjointe au Maire de Paris chargée des transports, des déplacements et de l’espace public (et présidente du syndicat mixte Autolib’) cela élèverait véritablement « une barrière entre les Parisiens et les autres… et présenterait le risque d’une spéculation foncière supplémentaire ».
Nous n’y sommes donc pas encore, ou considérons que le projet réclame simplement davantage de temps, de la réflexion, de la consultation, la clarification des objectifs recherchés, et … quelques études préalables.
Cette série d’articles sur la voiture (moyen de déplacement égoïste, polluant et décrié, sur ses aspects pratiques, ludiques, philosophiques, sur les types de véhicules de carburation, les rencontres, le piège fiscal que représente la voiture) accueille vos suggestions. Elles seront étudiées à la loupe et susceptibles d’enrichir cette rubrique. A bientôt, andre.balbo@wanadoo.fr
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